
Des soldats maliens capturés lors d’une attaque contre un convoi militaire dans la région de Gao auraient été exécutés par des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Des images diffusées après les affrontements montrent des militaires désarmés tués par des hommes armés. L’attaque, menée le 18 juillet dans la zone de Tabrichat, a également impliqué des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA). Les faits font l’objet de nombreuses réactions en raison des règles du droit international humanitaire applicables aux prisonniers de guerre.
Le nord du Mali a été le théâtre de nouveaux affrontements le 18 juillet lorsqu’un important convoi des Forces armées maliennes (FAMa), en déplacement entre Anéfis et Gao, a été pris pour cible dans la zone de Tabrichat, située dans la région de Gao. Selon plusieurs sources sécuritaires, l’attaque a été menée conjointement par des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et du Front de libération de l’Azawad (FLA).
Une embuscade contre un convoi militaire
À l’issue des combats, plusieurs soldats maliens auraient été capturés. Des images diffusées par le JNIM montrent des militaires désarmés, assis ou allongés sur le sable, avant d’être atteints par des tirs. Des sources sécuritaires maliennes affirment que 18 soldats ont été exécutés après leur capture. L’attaque s’est produite alors qu’un convoi militaire effectuait la liaison entre Anéfis et Gao.
Selon les informations communiquées par différentes sources, une cinquantaine de militaires maliens ont perdu la vie au cours de cette opération. Toutes les victimes n’auraient toutefois pas été tuées pendant les affrontements. Des sources sécuritaires indiquent que plusieurs soldats auraient été faits prisonniers avant d’être exécutés par leurs ravisseurs.
Des images diffusées après les combats
Des vidéos attribuées au JNIM ont circulé après l’attaque. Elles montrent des hommes en uniforme militaire, désarmés et sous le contrôle de combattants armés. Les images montrent ensuite plusieurs rafales tirées en direction des prisonniers. Selon plusieurs sources citées par différents médias, l’un des combattants visibles sur ces images serait Hamza Ag Iyad, présenté comme l’un des fils d’Iyad Ag Ghaly, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.
Le droit international humanitaire prévoit que les personnes capturées au cours d’un conflit armé doivent être protégées une fois les combats terminés. Les prisonniers ne peuvent pas être exécutés après leur reddition et doivent bénéficier d’un traitement conforme aux conventions applicables. Des responsables du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) ainsi que du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), deux mouvements alliés aux autorités maliennes, affirment que les soldats concernés s’étaient rendus après que leur véhicule s’est retrouvé immobilisé dans le sable.
L’armée malienne n’a pas communiqué sur ces accusations
Interrogée sur ces exécutions, l’armée malienne n’a pas réagi publiquement aux accusations rapportées par plusieurs médias. Dans un communiqué publié le 18 juillet, l’état-major des FAMa a indiqué que des frappes aériennes avaient permis au convoi de se dégager des embuscades et de poursuivre sa progression vers Gao. Le communiqué ne comportait aucun bilan humain concernant les pertes subies au cours de cette attaque. Selon les informations disponibles, le convoi est parvenu à rejoindre Gao après les affrontements.
Le Front de libération de l’Azawad, également engagé dans cette attaque, affirme que ses combattants ont capturé une vingtaine de militaires maliens au cours de l’embuscade. Le mouvement indique que ces prisonniers s’ajoutent à ceux capturés lors d’opérations précédentes, notamment à Kidal le 25 avril. Selon le FLA, entre 200 et 250 militaires maliens seraient actuellement détenus par ses forces. Le Front de libération de l’Azawad affirme être disposé à permettre aux organisations internationales de vérifier les conditions de détention des militaires qu’il affirme retenir.
Attaques régulières contre les forces de sécurité maliennes
Selon RFI, la famille de l’un des soldats détenus a indiqué recevoir régulièrement des nouvelles de ce dernier. Le mouvement affirme que ces prisonniers sont maintenus en vie sous son contrôle. Depuis plusieurs années, le nord du Mali est le théâtre d’affrontements impliquant les Forces armées maliennes, les groupes jihadistes et plusieurs mouvements armés présents dans la région. Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, mène régulièrement des attaques contre les forces de sécurité maliennes et leurs positions.
Parallèlement, le Front de libération de l’Azawad poursuit ses opérations dans le nord du pays. Les relations entre les autorités maliennes et plusieurs groupes armés se sont fortement dégradées après la reprise des hostilités en 2023 à la suite de la fin de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Depuis lors, les combats se poursuivent dans plusieurs régions du nord, notamment autour de Gao, Kidal, Tombouctou et Ménaka, où les attaques contre les convois militaires et les positions des forces armées se multiplient.




