Mali : plus de 30 morts dans deux attaques revendiquées par le JNIM dans le centre


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Des éléments du Jnim
Des éléments du Jnim

Le centre du Mali a de nouveau été frappé par des violences meurtrières. Plus de 30 personnes ont été tuées mercredi 6 mai 2026 lors de deux attaques visant les localités de Korikori et Gomossogou. Ces assauts, revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), ont été confirmés par plusieurs sources locales, administratives et sécuritaires.

Plus de 30 personnes ont été tuées, mercredi 6 mai 2026, dans deux attaques menées contre les localités de Korikori et Gomossogou, dans le centre du Mali. Les assauts ont été revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), selon plusieurs sources locales, administratives et sécuritaires.

Attaques récurrentes contre des villages,

D’après un responsable local de la jeunesse interrogé, ce jeudi, les deux attaques ont été menées de manière quasi simultanée. « Au moins 35 personnes ont été tuées mercredi dans des attaques quasi simultanées » visant les deux localités, a-t-il déclaré. Deux autres sources, l’une sécuritaire et l’autre administrative, ont confirmé un bilan supérieur à 30 morts. Selon ces mêmes sources, les attaques ont été revendiquées par le JNIM, organisation affiliée à Al-Qaïda et active dans plusieurs régions du Mali ainsi que dans certains pays voisins du Sahel.

Le groupe armé a indiqué avoir ciblé des miliciens progouvernementaux présents dans les zones concernées. Aucun bilan officiel détaillé n’avait encore été communiqué, ce jeudi, par les autorités maliennes. Les localités de Korikori et Gomossogou se situent dans le centre du Mali, une région régulièrement confrontée à des violences impliquant groupes djihadistes, groupes armés communautaires et forces de sécurité. Depuis plusieurs années, cette partie du pays connaît des attaques récurrentes contre des villages, des positions militaires et des convois civils.

Crainte de nouvelles attaques

Des habitants de la zone ont rapporté que les assaillants étaient lourdement armés et qu’ils avaient mené leurs opérations pendant plusieurs heures. Les circonstances précises des attaques ainsi que le nombre exact de blessés n’étaient pas encore connus au moment des premières informations recueillies. Les services administratifs locaux ont indiqué que des mouvements de population avaient été observés après les violences. Plusieurs habitants auraient quitté temporairement les localités touchées par crainte de nouvelles attaques.

Le JNIM fait partie des principaux groupes armés actifs au Mali. L’organisation revendique régulièrement des attaques contre les forces armées maliennes, les groupes d’autodéfense communautaires et certaines infrastructures dans différentes régions du pays. Le centre du Mali reste l’une des zones les plus affectées par l’insécurité. Les régions de Mopti et de Ségou enregistrent fréquemment des attaques. Celles-ci visent aussi bien des civils que des positions militaires ou des groupes alliés aux autorités.

Attaques coordonnées contre des positions de l’armée

Ces derniers mois, plusieurs localités du pays ont été touchées par des offensives simultanées attribuées à des groupes armés djihadistes. Fin avril 2026, des attaques coordonnées avaient visé plusieurs positions de l’armée malienne dans les régions de Tombouctou et de Gao. Des échanges de tirs avaient été signalés pendant plusieurs heures autour de certains camps militaires. Les autorités maliennes avaient alors annoncé des opérations de ratissage dans les zones concernées afin de retrouver les assaillants.

Quelques jours auparavant, des hommes armés avaient également attaqué des localités situées dans la région de Mopti. Des sources locales avaient rapporté des affrontements entre groupes armés et chasseurs traditionnels mobilisés pour défendre certains villages. Des habitations et des moyens de transport avaient été incendiés au cours de ces violences. Dans la région de Kayes, à l’ouest du Mali, des attaques contre des postes de sécurité et des convois avaient été enregistrées au cours du mois d’avril.

Répondre aux attaques menées par les groupes armés

Les autorités locales avaient renforcé les contrôles sur plusieurs axes routiers après ces incidents. Certaines routes avaient été temporairement fermées à la circulation en raison des risques sécuritaires. Le nord du Mali a également connu plusieurs incidents impliquant des groupes armés. Dans la région de Kidal, des mouvements armés et des affrontements avaient été signalés près de certaines localités isolées. Des sources sécuritaires avaient évoqué des attaques ciblant des positions tenues par les forces maliennes et leurs alliés.

Au début du mois de mai 2026, plusieurs attaques coordonnées avaient aussi été signalées. Notamment dans des zones proches de la frontière entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Des postes de contrôle, des convois et des infrastructures locales avaient été pris pour cible. Des habitants avaient fui certaines localités après les affrontements. Les autorités maliennes poursuivent régulièrement des opérations militaires dans différentes régions du pays. Ce, afin de répondre aux attaques menées par les groupes armés.

Attaques régulières contre les civils

L’armée annonce fréquemment des interventions aériennes et terrestres contre des positions suspectées d’abriter des combattants djihadistes. Depuis 2012, le Mali est confronté à une crise sécuritaire impliquant plusieurs groupes armés affiliés à Al-Qaïda ou à l’organisation État islamique. Les violences se sont progressivement étendues du nord vers le centre du pays. Puis vers certaines zones frontalières avec le Burkina Faso et le Niger.

Malgré les opérations militaires menées ces dernières années, plusieurs régions maliennes continuent d’enregistrer des attaques régulières. Toutes les couches sont touchées : les civils, les forces de sécurité et les groupes armés locaux. Les organisations humanitaires signalent également des déplacements fréquents de populations dans les zones touchées par l’insécurité.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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