
Ce 6 mai 2026, la chanteuse malienne Rokia Traoré a été condamnée à deux ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bruxelles pour non-représentation d’enfant. Une décision qui relance une affaire judiciaire marquée par un conflit international autour de la garde de sa fille et plusieurs années de bras de fer avec le père de l’enfant.
La chanteuse malienne Rokia Traoré a été condamnée, ce 6 mai 2026, par le tribunal correctionnel de Bruxelles à une peine de deux ans de prison avec sursis pour non-représentation d’enfant. Cette décision judiciaire fait suite à un litige qui l’oppose au père de sa fille, Jan Goossens. L’affaire porte sur la garde de leur enfant née en 2015. Les deux parties n’étaient pas présentes lors du prononcé du jugement rendu en audience publique.
La procédure fait suite à plusieurs années de contentieux entre les deux parents. Selon les éléments présentés devant la juridiction, le père affirme ne pas avoir eu de contact régulier avec sa fille, depuis 2019. L’affaire a été examinée à nouveau après une première condamnation prononcée en 2023 en l’absence de la chanteuse, qui avait exercé un recours pour être rejugée en sa présence.
Une condamnation confirmée après un nouveau procès
En octobre 2023, Rokia Traoré avait été condamnée à deux ans d’emprisonnement par le tribunal correctionnel de Bruxelles pour non-représentation d’enfant. Cette décision avait été rendue par défaut. L’artiste avait ensuite introduit une opposition, permettant l’organisation d’un nouveau procès en mars 2026. Lors de ce second jugement, la juridiction a confirmé la peine, assortie cette fois d’un sursis. Cette procédure a permis l’examen du dossier en présence de la prévenue.
À l’issue du verdict, la défense de la chanteuse a indiqué qu’elle se réservait la possibilité d’interjeter appel après consultation avec sa cliente. Le litige a initialement été traité devant une juridiction civile, compétente en matière de droit de la famille. Toutefois, le non-respect des décisions judiciaires relatives à la garde de l’enfant a conduit à un renvoi devant une juridiction pénale. Depuis 2019, plusieurs décisions ont été prises par la justice belge concernant les modalités de garde.
Arrestation et extradition vers la Belgique
Les autorités judiciaires ont également émis des mandats d’arrêt européens afin d’obtenir la comparution de Rokia Traoré devant les tribunaux belges, notamment lors de ses déplacements en Europe. En juin 2024, la chanteuse a été arrêtée à Rome alors qu’elle se rendait à un concert. Cette interpellation faisait suite à un mandat d’arrêt européen délivré par la justice belge. Après plusieurs procédures judiciaires, les autorités italiennes ont validé son extradition vers la Belgique.
Le transfert de Rokia Traoré a été effectué à la fin de l’année 2024. À son arrivée, elle a été placée en détention pendant près de deux mois dans un établissement pénitentiaire de Bruxelles, avant d’être remise en liberté, en janvier 2025, dans le cadre d’un accord judiciaire. La libération de la chanteuse est intervenue à la suite d’une entente conclue avec Jan Goossens, sous le contrôle des juridictions belges. Cet accord portait sur les modalités de reprise des contacts entre le père et l’enfant.
Un accord temporaire entre les deux parties
Les termes de cette convention n’ont pas été rendus publics. Selon les informations communiquées lors des audiences, cet arrangement devait permettre un rapprochement entre le père et sa fille après plusieurs années sans contacts réguliers. Malgré cet accord, de nouveaux désaccords ont été signalés par le père de l’enfant. Selon son avocat, les contacts entre Jan Goossens et sa fille auraient été brièvement rétablis avant d’être interrompus. Les éléments présentés à la justice indiquent que l’enfant résiderait principalement au Mali, au sein de la famille maternelle. Cette situation a été évoquée lors des audiences dans le cadre de l’examen du respect des décisions judiciaires.
Le litige intervient dans un climat de décisions judiciaires distinctes entre la Belgique et le Mali. En Belgique, la garde de l’enfant avait été confiée au père, avec un droit de visite accordé à la mère. Au Mali, une décision judiciaire a attribué la garde exclusive à Rokia Traoré. Cette situation a conduit à un conflit de juridictions, ce qui a entraîné l’émission de mandats d’arrêt et l’ouverture de procédures judiciaires dans plusieurs pays européens. La condamnation prononcée ce 6 mai 2026 constitue une nouvelle étape dans ce dossier judiciaire. La défense de Rokia Traoré a indiqué qu’une décision concernant un éventuel appel serait prise ultérieurement.




