
Le procès lié au vol de plus de 600 téléphones portables s’est ouvert, hier mardi, devant la chambre criminelle de première instance de la cour d’appel de Casablanca. Les appareils, en provenance des Émirats arabes unis, étaient destinés au Sénégal. Le principal accusé, employé de Royal Air Maroc, a comparu devant la justice et a rejeté les accusations portées contre lui. L’audience a également été marquée par la présentation de pièces issues de l’enquête judiciaire.
Une affaire qui concerne la disparition d’une cargaison de 600 téléphones portables dans l’enceinte de l’Aéroport International Mohammed V est au centre d’une instruction judiciaire. Les faits examinés portent sur des soupçons de détournement et de recel impliquant plusieurs individus. Les éléments versés au dossier comprennent des témoignages, des transactions financières et des enregistrements vidéo utilisés pour retracer le parcours des marchandises.
Un accusé principal qui conteste les faits
À la barre, « Mohamed M. », responsable des ressources humaines au sein de Royal Air Maroc, a nié toute implication dans les faits. Il a déclaré que ses fonctions administratives ne lui permettaient pas d’intervenir dans la gestion ou le déchargement des cargaisons transitant par l’aéroport. Au cours de l’audience, les échanges ont porté sur ses responsabilités professionnelles et sur son rôle présumé dans l’opération.
Le prévenu a maintenu sa position en rejetant les accusations de détournement de fonds publics et de recel, indiquant qu’il n’avait aucun lien direct avec les opérations logistiques liées au transport des marchandises. Les débats ont également porté sur un versement de 50 000 dirhams (environ 4.700 euros) reçu par l’accusé. Cette transaction, intervenue le jour des fiançailles de sa fille, a été examinée par la cour. Le prévenu a affirmé qu’il s’agissait d’un prêt accordé par un employé.
Des flux financiers au centre des débats
Le président du tribunal a soulevé des interrogations sur la nature de ce prêt, notamment sur le fait qu’un subordonné ait consenti une somme importante à son supérieur hiérarchique. Ce point a constitué l’un des éléments discutés lors de l’audience. Ce, en lien avec les soupçons pesant sur l’organisation du vol. Un employé impliqué dans l’enquête a désigné « Mohamed M. » comme le principal organisateur de l’opération. Cette déclaration a été contestée par l’accusé, qui a rejeté ces propos en mettant en cause la crédibilité de son accusateur.
Les témoignages recueillis par les enquêteurs figurent parmi les éléments examinés par la juridiction. Ils viennent compléter les autres pièces du dossier, notamment les documents issus des investigations menées par la police judiciaire. Lors de l’audience, le tribunal a diffusé des images de vidéosurveillance enregistrées dans la zone d’exportation de l’Aéroport Mohammed V. Ces séquences montrent plusieurs individus présents au milieu des marchandises pendant une durée prolongée.
Des preuves vidéo analysées par la cour
Les images montrent des comportements jugés suspects, notamment des déplacements et des manipulations de cartons contenant les téléphones. Ces éléments visuels ont été intégrés au dossier pour reconstituer le déroulement des faits et situer les différents intervenants dans la chaîne des événements. Les procès-verbaux établis par la police judiciaire reposent sur l’analyse de plus de 44 enregistrements vidéo. Ces documents retracent le parcours de la cargaison depuis son arrivée jusqu’à sa disparition.
L’exploitation de ces données a permis aux enquêteurs de suivre les différentes étapes du transit des marchandises. Les images constituent un élément central de l’enquête et sont utilisées pour identifier les mouvements et les interactions des personnes présentes sur les lieux. Parmi les éléments examinés figure la question du stockage des téléphones portables. Selon les investigations, des boîtes contenant les appareils auraient été placées dans des chambres froides au sein de l’aéroport.
Des zones d’ombre sur le stockage des marchandises
Le tribunal cherche à comprendre les raisons de cette manipulation et les circonstances dans lesquelles ces marchandises ont été déplacées. Ce point fait partie des interrogations soulevées par la cour afin d’établir les faits avec précision. Le procès se poursuit à Casablanca, avec l’examen des différentes pièces du dossier. L’affaire porte sur des faits impliquant plusieurs personnes et sur une cargaison destinée au Sénégal.




