Stellantis ouvre à Casablanca son premier centre de démantèlement automobile en Afrique et au Moyen-Orient


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inauguration Stellantis Maroc
inauguration Stellantis Maroc

Le groupe Stellantis vient d’inaugurer à Casablanca son premier site de démantèlement de véhicules dans la région Afrique et Moyen-Orient. Ce projet industriel marque une nouvelle étape pour le constructeur, qui veut structurer la seconde vie des pièces détachées dans une région où le marché reste encore largement dominé par l’informel.

Après Turin et São Paulo, Casablanca devient le troisième centre mondial de démantèlement de véhicules déployé par Stellantis. Le site marocain s’inscrit dans la stratégie SUSTAINera, la branche du groupe consacrée à l’économie circulaire. L’investissement est estimé à 1,6 million d’euros, pour une installation de 6 000 m² capable de traiter jusqu’à 10 000 véhicules par an. Stellantis présente ce centre comme son premier point d’ancrage pour les véhicules en fin de vie dans la région Moyen-Orient et Afrique.

L’objectif opérationnel est de récupérer les véhicules hors d’usage, démonter les composants encore réutilisables, puis orienter les matières résiduelles vers des filières de recyclage adaptées. En proposant une alternative industrielle et traçable aux pièces neuves, souvent coûteuses, Stellantis entend répondre à une demande locale forte pour l’entretien automobile, tout en sécurisant l’origine et la conformité des pièces de réemploi.

Le choix du Maroc s’inscrit dans la continuité de la montée en puissance industrielle du royaume. Déjà solidement implanté avec son usine de Kénitra, dont la capacité doit atteindre 535 000 véhicules par an, le constructeur complète ici sa présence en aval de la chaîne de valeur. Le véhicule n’est plus seulement produit et exporté depuis le Maroc ; il peut désormais y revenir en fin de vie pour être déconstruit, valorisé et partiellement réintégré dans une nouvelle chaîne économique.

Un marché sous pression

Le développement de la pièce de réemploi répond aussi à une réalité économique pressante. Entre l’envolée des prix des composants neufs, la rareté de certaines matières premières et le coût environnemental de leur extraction, les constructeurs sont poussés à réutiliser davantage ce qui peut l’être. Cette tendance concerne l’ensemble du secteur automobile, mais elle prend une dimension particulière dans les marchés où le pouvoir d’achat contraint fortement les dépenses d’entretien.

Pour les particuliers comme pour les réparateurs indépendants, la solution proposée par le centre de Casablanca peut offrir une garantie d’origine et d’état souvent absente du marché traditionnel de la pièce d’occasion. C’est aussi un moyen, pour Stellantis, de reprendre pied sur un marché parallèle très actif, en y introduisant ses propres standards de contrôle, de traçabilité et de distribution.

Reste un défi majeur : organiser la collecte. Un centre de démantèlement ne peut fonctionner pleinement que si les véhicules en fin de vie sont orientés vers des filières identifiées, plutôt que dispersés dans des circuits informels. C’est sur ce terrain que se jouera une partie du succès du projet.

En s’appuyant sur son implantation industrielle et commerciale au Maroc, Stellantis ambitionne de faire de Casablanca un modèle régional. Pour le royaume, ce nouveau site ajoute une brique à une stratégie automobile déjà avancée : produire, exporter, attirer les équipementiers, préparer l’électrique et désormais organiser la seconde vie du véhicule.

Ali Attar
Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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