Maroc : le chômage et la baisse du taux d’activité inquiètent malgré les réformes économiques


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Le taux de chômage a atteint des proportions élevées au Maroc
Chômage au Maroc

Le Maroc fait face à une détérioration inquiétante de son marché du travail, malgré les efforts de modernisation engagés ces dernières années. Selon la Banque mondiale, le taux d’activité a chuté à 43,5% en 2024. Le chômage est en hausse. Ce qui marque un recul significatif sur plus de deux décennies. Cette tendance fait ressortir un modèle économique qui peine à générer suffisamment d’emplois pour répondre à la forte demande, notamment chez les jeunes diplômés.

Au Maroc, la création d’emplois reste insuffisante face à la dynamique démographique. Plusieurs catégories sont particulièrement touchées, notamment les jeunes, les habitants des zones rurales et les femmes, dont la participation au marché du travail demeure très faible. Ce déséquilibre structurel accentue les inégalités sociales et territoriales. La dégradation de l’emploi s’explique par une combinaison de facteurs externes et internes. Outre la pandémie de Covid-19, les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l’énergie ont fragilisé l’économie nationale.

Chômage lié à des facteurs économiques et climatiques cumulés

À cela s’ajoute une sécheresse prolongée qui a durement affecté le secteur agricole. Situation qui a entraîné la disparition de nombreux emplois dans les zones rurales. Une dépendance à des secteurs sensibles qui rend le marché du travail particulièrement vulnérable aux chocs. Par ailleurs, le tissu économique reste dominé par des entreprises de petite taille, souvent peu créatrices d’emplois durables. La forte présence de l’État dans certains secteurs est également pointée du doigt comme un frein à l’initiative privée.

Les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers, évoluent dans un environnement jugé parfois contraignant. Ce qui  limite les perspectives de croissance et d’embauche dans des secteurs dont la valeur ajoutée n’est pas négligeable. Malgré des avancées notables en matière d’infrastructures, le modèle de développement marocain montre ses limites en termes d’inclusion sociale. Les grands projets structurants, souvent mis en avant par les autorités, n’ont pas toujours d’impact direct sur l’emploi à court terme.

En attente de réformes plus profondes du marché du travail

Les femmes restent particulièrement marginalisées sur le marché du travail, avec un taux d’activité qui plafonne autour de 19%. De même, les jeunes diplômés rencontrent d’énormes difficultés à s’insérer, faute d’opportunités correspondant à leurs qualifications. Le gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch est particulièrement attendu sur la question de l’emploi, à l’approche des échéances électorales.

L’objectif annoncé de créer un million d’emplois nets apparaît aujourd’hui difficile à atteindre. Ce qui alimente les critiques de l’opposition et des observateurs économiques. De son côté, l’exécutif met en avant les investissements réalisés dans les infrastructures et les projets à long terme. Notamment en lien avec l’organisation au Maroc de grands événements internationaux. Seulement, ce sont des réformes plus profondes du marché du travail et du climat des affaires qui sont attendues.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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