
Depuis l’annonce, lundi soir, de la création du Front de la refondation de la nation (FRN) à la tête duquel se trouve l’ancien Président congolais, Joseph Kabila, les réactions s’enchaînent depuis Kinshasa. L’avocat et acteur de la société civile, Martin Milolo, fait non seulement partie de ceux qui condamnent le nouveau virage pris par l’ancien dirigeant, mais également de ceux qui voyaient la chose poindre à l’horizon depuis plusieurs mois.
Afrik.com : L’annonce a été faite hier que Joseph Kabila prenait la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN) aux côtés des leaders de l’AFC/M23. Comment avez-vous pris cette annonce ? Êtes-vous surpris ?
Martin Milolo : Pas du tout. L’ancien président de la République, Joseph Kabila, était à la recherche d’un mécanisme d’opposition frontale avec son successeur, le Président Tshisekedi, depuis plusieurs mois. La création d’un mouvement rebelle semble être son meilleur moyen d’affronter le pouvoir. N’oublions qu’il est militaire au départ. L’inquiétude est qu’il ait choisi la rébellion pour mener sa lutte alors qu’il est l’artisan de l’alternance politique connue dans notre pays depuis son existence en tant qu’État souverain.
Afrik.com : Il est vrai que Joseph Kabila ne s’est pas encore personnellement prononcé sur l’annonce. Mais une telle annonce n’apporte-t-elle pas de l’eau au moulin de ceux qui accusaient l’ancien Président de collusion avec l’AFC/M23, surtout qu’en juin dernier, le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC prédisait presque une telle évolution des événements ?
Martin Milolo : Jusqu’à il y a peu, l’association du Président honoraire à l’AFC/M23, rentrait dans la région des opinions ; aujourd’hui c’est une évidence. Les dirigeants de l’AFC/M23 (Nangaa, Bisimwa et Makenga) sont à ce jour à ses côtés dans l’équipe dirigeante du Front pour la refondation de la nation (FRN). C’est évident qu’il était en contact avec l’AFC/M23. Je m’interroge sur la relation du mouvement qu’il a créé avec le Rwanda qui a les troupes dans la zone où il se trouve.
Afrik.com : Comment les Congolais en général ont-ils pris l’annonce de ce lundi ?
Martin Milolo : C’est la déception dans la grande majorité de la population. Plusieurs cadres de son parti, le PPRD, ont pris leur distance avec lui. Même si le régime du Président Tshisekedi est à la base de plusieurs actes frustrants, rien ne peut justifier la prise des armes pour exprimer son mécontentement.
Afrik.com : À quoi faut-il s’attendre désormais, selon vous ?
Martin Milolo : Dieu seul sait. Mais il est prévisible qu’il y aura intensification des affrontements militaires sur terrain. L’ancien Président Kabila veut se présenter comme acteur incontournable de tout processus de paix désormais.



