
Les Béninois sont appelés aux urnes ce dimanche 11 janvier 2026 pour un double scrutin inédit, combinant élections législatives et communales. Au-delà de la désignation des représentants à l’Assemblée nationale et dans les conseils communaux, cette journée électorale est largement perçue comme un test de mobilisation citoyenne, dans un pays marqué par des réformes politiques profondes et parfois controversées au cours des dernières années.
Dès l’aube ce dimanche, 7 834 608 électeurs sont attendus dans 8 006 centres de vote, répartis sur l’ensemble des 77 communes du pays. Les bureaux doivent ouvrir à 7 heures et fermer à 17 heures, offrant dix heures aux citoyens pour accomplir leur devoir civique. Mais la question centrale de cette journée reste celle de la participation, scrutée de près par les partis politiques, les observateurs et l’opinion publique.
Un scrutin capital pour mesurer l’engagement citoyen
Pour la première fois, le Bénin organise des élections législatives et communales couplées, dans un contexte politique dense. Ce scrutin ouvre une année électorale décisive, avant la présidentielle du 12 avril 2026, et doit permettre l’élection de 109 députés ainsi que de plus de 1 800 conseillers communaux, appelés à exercer un mandat désormais porté à sept ans, à la suite de la dernière révision constitutionnelle.
Dans l’Assemblée nationale sortante, les partis de la mouvance présidentielle détiennent 81 sièges sur 109, contre 28 pour Les Démocrates, principal parti de l’opposition. Pour ces derniers, comme pour l’ensemble des acteurs politiques, le taux de participation constitue un indicateur clé de la légitimité politique des institutions issues du scrutin.
La participation, baromètre de la démocratie béninoise
Au-delà des résultats chiffrés, le taux de participation apparaît comme l’enjeu central de ce double scrutin. Après les législatives controversées de 2019, marquées par une faible mobilisation et l’absence de l’opposition, les autorités comme les partis cherchent à démontrer que les réformes politiques n’ont pas durablement entamé la confiance des citoyens dans le processus électoral. Pour Les Démocrates, déjà de retour au Parlement depuis 2023, l’enjeu est double : conserver une représentation significative et prouver leur capacité à mobiliser leur électorat malgré des règles électorales contraignantes.
Cette journée du 11 janvier 2026 constitue ainsi un test grandeur nature de la participation citoyenne au Bénin, dont les enseignements dépasseront largement la seule composition de la prochaine Assemblée nationale et des conseils communaux, à l’approche d’une Présidentielle décisive pour l’avenir politique du pays.
Une offre politique encadrée par des règles strictes
Cinq partis sont en lice pour les législatives : l’Union progressiste le Renouveau (UPR), le Bloc républicain (BR) et MOELE-Bénin pour la mouvance présidentielle ; Les Démocrates (LD) et la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) pour l’opposition. Pour les communales, seules trois formations concourent, la FCBE étant la seule force d’opposition engagée.
Le scrutin se tient sous l’empire d’un code électoral durci, révisé en 2024. Pour obtenir des sièges à l’Assemblée nationale, un parti doit recueillir au moins 20 % des voix dans chacune des 24 circonscriptions électorales. Ce seuil est abaissé à 10 % pour les partis ayant conclu des accords de coalition, à l’exception notable des Démocrates. Ces règles renforcent les enjeux de mobilisation électorale : une faible participation pourrait mécaniquement pénaliser certains partis et accentuer les déséquilibres politiques.




