Le régime Deby de nouveau menacé par la rébellion

« Renverser Idriss Deby », c’est le but que s’est fixé l’Alliance nationale, mouvement rebelle qui a lancé une attaque mercredi dans l’est du pays et qui avancerait vers la capitale tchadienne. Les autorités tchadiennes se disent, quant à elles, prêtes à « bouter hors du territoire » ces « mercenaires » à la solde du Soudan.

Les rebelles de l’Alliance nationale menacent encore le pourvoir d’Idriss Deby Itno. Des hélicoptères de l’armée tchadienne ont essuyé des tirs et l’un d’eux aurait été abattu, jeudi, à Abéché dans l’est du pays après un atterrissage forcé. Abderaman Koulamallah, porte-parole du mouvement, a indiqué alors à l’agence Reuters, que quatre colonnes rebelles étaient en marche, depuis les attaques lancées dans cette région du pays, avec pour objectif de « renverser Déby ». Les rebelles ont fait savoir que seule une intervention de l’Union européenne et de Paris, s’ils obtenaient l’ouverture de négociations avec le président tchadien, pourraient les dissuader de poursuivre leur offensive. « Nous sommes en train d’avancer. Nous avons dépassé Goz Beida (est, 700 km de N’Djamena) », a affirmé vendredi Ali Gueddei, un autre porte-parole de l’Alliance nationale, joint par l’AFP.

La France priée de jouer uniquement le médiateur

Des informations que les autorités tchadiennes considèrent comme
« une campagne d’intoxication de la rébellion ». Dans la matinée, le ministre de la Communication Mahamat Hissene déclarait, sur les ondes de la BBC, que son gouvernement était prêt à riposter, face à des « mercenaires » soutenus par le Soudan. « Je pense que l’armée parviendra à les bouter hors du territoire », a-t-il poursuivi. Selon les Nations unies, le Tchad et le Soudan se livreraient à un conflit rangé par groupes rebelles interposés. Le Tchad a fermé depuis le mois dernier sa frontière soudanaise et rompu ses relations économiques avec ce pays. Les Soudanais ayant eux-mêmes suspendu leurs relations diplomatiques avec le Tchad après une attaque menée par des rebelles darfouris, près de Kharthoum, la capitale soudanaise. Kharthoum accuse le Tchad de soutenir les rebelles du Darfour, accusation réfutée par N’Djamena.

En février déjà, le pouvoir tchadien avait été menacé dans des conditions similaires par l’Alliance nationale dont les hommes étaient arrivés jusqu’aux portes du palais présidentiel. Idriss Deby Itno avait alors appelé la France à la rescousse. L’armée française dispose d’un dispositif militaire important dans le cadre de l’opération Epervier et de 1200 hommes, en dehors de ceux qui constituent la majorité des troupes de la force européenne Eufor. Les rebelles tchadiens, qui ont indiqué jeudi que leurs positions avaient été survolées de manière « intimidante et provocante », prient la France de ne pas intervenir cette-fois.

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