Les rebelles tchadiens appellent la France à ne pas intervenir


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Après les combats entre armée tchadienne et rebelles, mardi à Adé, le Tchad accuse Khartoum d’avoir dirigé les attaques depuis le Soudan, tandis que l’Alliance nationale demande à l’armée française de « s’abstenir de tout soutien » au président Idriss Deby.

Au lendemain de nouveaux combats entre armée tchadienne et insurgés, l’Alliance nationale du général rebelle Mahamat Nouri a pris les devants, mercredi, en appelant la France à « s’abstenir de tout soutien » au président Idriss Deby, et en demandant à l’aviation française de « cesser tout survol et autres parades dissuasives ». Les 2 et 3 février derniers, lors de la bataille de Ndjamena au cours de laquelle le président tchadien avait failli être renversé, l’armée française avait en effet apporté son soutien aux forces régulières, en leur acheminant des munitions et en protégeant l’aéroport d’où les hélicoptères tchadiens avaient pu décoller pour ouvrir le feu sur les rebelles.

Mardi, les rebelles ont attaqué une petite ville de l’est du pays, Adé, à la frontière avec le Soudan. Les forces gouvernementales comme les rebelles ont tous deux affirmé avoir eu le dessus lors de ces nouveaux affrontements, les premiers depuis la bataille de Ndjamena. Mercredi, la situation est redevenue calme dans la région d’Adé, selon des sources militaire et rebelle.

1400 militaires français

Pour le Tchad, « les mercenaires ont franchi la frontière sur ordre du régime soudanais », rompant ainsi l’accord signé à Dakar, le 13 mars, entre les présidents tchadien et soudanais, par lequel ils s’engageaient à empêcher les rebelles de chaque pays d’utiliser le territoire de l’autre pour leurs attaques. Cette accusation a été catégoriquement démentie par l’armée soudanaise, ainsi que par l’Alliance nationale qui a assuré que les rebelles avaient attaqué à partir du Tchad et non à partir d’une base située à 78 km à l’intérieur du Soudan, comme l’a affirmé le Premier ministre tchadien Nouradine Delwa.

La veille des combats, Idriss Deby avait fait un pas vers la France, en graciant les six membres de l’Arche de Zoé. Un pas, voire un appel du coude. L’armée française est présente au Tchad avec 1400 hommes et y est dotée d’avions de reconnaissance et de chasse qui survolent le pays et fournissent du renseignement aux autorités tchadiennes. Si le président tchadien devait se retrouver dans la même situation qu’il y a deux mois, nul doute qu’il aimerait voir l’ancienne puissance coloniale défendre les portes de son palais.

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