Le président Trump est-il finalement prévisible ?


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Trump menace le Nigeria
Trump menace le Nigeria

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump est présenté dans les médias comme un président imprévisible. Dans mon article du 8 décembre 2025, j’avais moi-même insisté sur le profil du personnage, que j’avais qualifié d’« éclaireur imprévisible », taillant sa route à coups de déclarations fulgurantes. Pour me citer, j’écrivais : « La diplomatie trumpienne avance sans prévenir, elle contourne les obstacles plutôt que de les affronter selon les protocoles traditionnels. »

Aujourd’hui, il faut l’admettre : les médias ont sans doute jugé trop vite, déroutés par la rupture opérée par Trump avec le fonctionnement routinier de la diplomatie mondiale. En réalité, Donald Trump se révèle d’une constance remarquable. Son rapport avec Nicolás Maduro en constitue une illustration frappante. Il n’a jamais dissimulé ni ses intentions ni sa vision : il a d’abord prévenu, puis répété, et enfin agi. Le passage à l’action peut donner une impression de brutalité, mais certainement pas de surprise.

Avec le Venezuela, sa logique a été pleinement assumée. Trump a refusé de reconnaître un régime qu’il considère comme illégitime. Son rapport de force défie ce qu’on appelle communément le droit international. Or, force est de constater que ce dernier peine aujourd’hui à s’imposer, chacun le sait. Il ne subsiste que dans la rhétorique onusienne, sans produire le moindre effet concret. Ce fameux droit international semble bien souvent profiter davantage aux dictateurs qui oppriment leur peuple sous les yeux d’une communauté internationale muette et inactive.

Qu’on approuve ou non la stratégie trumpienne, elle s’inscrit dans une ligne claire, presque radicale. Trump gouverne comme il parle : frontalement. Il fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait. Cette posture inquiète, à l’évidence, les dictateurs en première ligne. Le président Trump entend-il siffler la fin de la récréation pour les régimes autoritaires ? Au cours des dernières décennies, ces régimes se sont durablement installés, à l’abri du silence et de l’inaction de la communauté internationale.

À qui le prochain tour ?

Selon certains observateurs, Cuba, l’Iran, le Nigeria ou encore le Rwanda figureraient parmi les prochaines cibles potentielles. Il ne faut toutefois pas se leurrer : les modes d’intervention ne seraient certainement pas les mêmes. Les États-Unis disposent de leviers variés, adaptés à chaque situation, sans recourir systématiquement à des moyens surdimensionnés, comme ceux mis en œuvre au Venezuela.

En l’absence d’une communauté internationale cohérente et d’un droit international efficace, le champ reste libre à tous les aventuriers. L’adage français dit qu’entre deux maux, il faut choisir le moindre : il est peut-être temps de changer le monde tel qu’il était. Trump, manifestement, l’a bien compris.

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