
Plusieurs semaines après la finale houleuse de la CAN 2025, la Confédération africaine de football cherche à refermer une séquence qui a fragilisé son image. Entre polémiques disciplinaires, contestations des fédérations et critiques sur la gestion des incidents, l’instance continentale se retrouve sous pression. La prise de position publique de son président marque une volonté de clarification, mais aussi un signal fort adressé aux acteurs du football africain : à l’avenir, tout dérapage lors des grandes compétitions pourrait entraîner des sanctions bien plus sévères.
La Confédération africaine de football (CAF) tente de reprendre la main après la finale très controversée de la Coupe d’Afrique des nations 2025 entre le Sénégal et le Maroc. Ce vendredi 30 janvier 2026, son président, le Dr Patrice Motsepe, est sorti de son silence pour réagir officiellement aux incidents ayant émaillé cette rencontre décisive, tout en confirmant la validité des sanctions déjà prononcées par les instances disciplinaires de l’organisation.
Dans un contexte marqué par des tensions sportives, politiques et médiatiques persistantes, cette prise de parole était particulièrement attendue. Dans une déclaration officielle diffusée par la CAF, Patrice Motsepe a tenu à afficher un soutien clair et sans ambiguïté à la Commission de discipline. Le président de l’instance continentale a insisté sur le respect de l’indépendance des organes juridictionnels internes.
Patrice Motsepe valide les sanctions disciplinaires de la CAF
« Je respecte pleinement l’ensemble des décisions de nos instances judiciaires, auxquelles je me conformerai strictement », a-t-il affirmé, balayant ainsi toute hypothèse d’ingérence ou de remise en cause directe des sanctions déjà prononcées à l’issue de la finale. Cette position intervient alors que plusieurs fédérations, dont la Fédération royale marocaine de football (FRMF), ont engagé ou annoncé des recours contre certaines décisions disciplinaires liées à cette rencontre.
Tout en validant les décisions existantes, Patrice Motsepe n’a pas caché sa profonde déception face au déroulement de la finale Sénégal-Maroc. Le président de la CAF a qualifié les incidents survenus de « totalement inacceptables », soulignant qu’ils ont porté atteinte à l’image de la compétition phare du football africain. « J’ai été profondément déçu par les incidents inacceptables survenus lors de la finale de la CAN 2025 », a-t-il déclaré, rappelant que la Coupe d’Afrique des nations doit rester une vitrine d’excellence, de fair-play et d’unité pour le continent.
Vers un durcissement du Code disciplinaire de la CAF
Les incidents en question avaient impliqué des tensions sur le terrain, des altercations en bord de pelouse, ainsi que des débordements dans les tribunes, donnant lieu à des sanctions sportives et financières lourdes. Face à la gravité des événements, le président de la CAF a annoncé la convocation prochaine d’une réunion d’urgence du Comité exécutif (COMEX). Objectif : revoir et renforcer le Code disciplinaire de l’organisation afin de disposer d’un arsenal juridique plus dissuasif.
Selon Motsepe, la CAF doit être en mesure d’infliger à l’avenir des « sanctions appropriées et dissuasives » pour prévenir toute récidive lors des grandes compétitions continentales.
Cette réforme pourrait notamment concerner :
- les comportements des joueurs et des staffs,
- la responsabilité des fédérations nationales,
- les incidents impliquant les supporters,
- l’utilisation de technologies comme la VAR et l’accès aux zones sensibles.
Protéger l’intégrité et la crédibilité du football africain
Pour le président de la CAF, l’enjeu dépasse largement le cadre de la seule finale Sénégal-Maroc. Il s’agit avant tout de préserver l’intégrité, la crédibilité et la réputation du football africain sur la scène internationale. À l’heure où la CAN attire une audience mondiale croissante et suscite un intérêt accru des diffuseurs et des sponsors, toute atteinte à l’image de la compétition représente un risque stratégique majeur pour l’instance continentale.
Patrice Motsepe a rappelé que la CAF se doit d’être exemplaire dans la gestion des crises disciplinaires afin de renforcer la confiance des fédérations membres, des partenaires commerciaux et du grand public. Cette déclaration intervient dans un climat encore tendu, alors que les débats autour de l’arbitrage, des sanctions et de la gestion des incidents de la finale continuent d’alimenter les discussions dans plusieurs pays.




