La CEDEAO et l’Union africaine alertent sur la crise Iran–États-Unis–Israël : l’Afrique redoute un choc énergétique et alimentaire mondial


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CEDEAO carte et drapeaux
CEDEAO carte et drapeaux

L’escalade militaire entre États-Unis, Israël et Iran suscite une vive inquiétude en Afrique de l’Ouest. Dans un communiqué publié ce 1er mars 2026, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé sa profonde préoccupation face à l’intensification des hostilités dans le Golfe. Elle met en garde contre de grosses répercussions sur la stabilité internationale et les économies africaines.

La CEDEAO tire la sonnette d’alarme s’agissant de la crise Iran–États-Unis–Israël. L’organisation régionale estime que les frappes américaines et israéliennes contre des cibles iraniennes, suivies de ripostes de Téhéran, risquent d’entraîner une déstabilisation durable du Moyen-Orient. Pour la CEDEAO, cette confrontation sort du cadre régional et pourrait affecter directement les marchés mondiaux de l’énergie, le commerce international ainsi que les chaînes d’approvisionnement alimentaire, dont dépendent fortement plusieurs pays africains.

Risques pour l’énergie, le commerce et la sécurité alimentaire en Afrique

Dans son analyse, la CEDEAO souligne que toute perturbation prolongée dans le Golfe persique menace les flux pétroliers et gaziers mondiaux. Une flambée des prix de l’énergie aurait un impact immédiat sur les économies ouest-africaines, déjà fragilisées par l’inflation et la dépendance aux importations de produits raffinés.

Au-delà de l’énergie, l’organisation met en avant les risques pesant sur la sécurité alimentaire. De nombreux États africains dépendent des importations de céréales et d’intrants agricoles transitant par des routes commerciales sensibles. Une aggravation du conflit pourrait provoquer des tensions sur les prix des denrées. Ce qui pourrait accentuer la vulnérabilité des populations les plus exposées.

Appel à la retenue et au respect du droit international

Face à cette situation, la CEDEAO appelle l’ensemble des parties à faire preuve de retenue et à agir dans le respect de la Charte des Nations Unies. L’organisation plaide pour une désescalade rapide et privilégie la voie diplomatique afin d’éviter un embrasement régional aux conséquences imprévisibles.

Le 28 février, Washington et Tel-Aviv ont mené des frappes contre l’Iran. Celles-ci ont été suivies de tirs de missiles et de drones iraniens. Des tirs visant notamment des cibles israéliennes et des installations américaines dans le Golfe. Preuve d’une nouvelle escalade. Les autorités iraniennes ont confirmé la mort du guide suprême Ali Khamenei, un événement susceptible de modifier en profondeur l’équilibre politique interne du pays.

L’Union africaine redoute une instabilité mondiale durable

L’Union africaine a également exprimé son inquiétude. Dans un communiqué officiel, son président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a évoqué une escalade marquant une intensification sérieuse des hostilités au Moyen-Orient. Il a appelé à une désescalade urgente et à un dialogue soutenu entre les parties. L’Union africaine estime que cette crise pourrait accentuer l’instabilité mondiale. Ce, avec des effets durables sur les marchés énergétiques et la résilience économique des États africains.

L’UA rappelle que la paix durable ne peut être obtenue que par la diplomatie et non par la force. Elle insiste sur la nécessité d’un engagement multilatéral renforcé. L’Union africaine a encouragé les efforts facilités par le Sultanat d’Oman. Ce dernier étant reconnu pour son rôle de médiateur discret dans plusieurs crises régionales. Ces démarches visent à rouvrir des canaux de communication et à prévenir une extension du conflit à d’autres pays du Golfe.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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