Frappes sur l’Iran : l’Afrique du Sud appelle à la retenue malgré ses liens au sein des Brics


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Les dirigeants des BRICS
Les dirigeants des BRICS

À la suite des frappes contre l’Iran, l’Afrique du Sud appelle à la retenue malgré ses liens au sein des Brics. Le continent africain réagit.

Après les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, l’Afrique du Sud a adopté une position mesurée. Membre des Brics aux côtés de Téhéran, Pretoria appelle à la retenue et privilégie la voie diplomatique. Le président Cyril Ramaphosa évoque un risque d’escalade régionale préoccupant. Sur le continent africain, les réactions oscillent entre condamnations fermes et appels au cessez-le-feu.

Pretoria mise sur la diplomatie

Dans un communiqué officiel, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a exprimé sa « profonde inquiétude » face à l’intensification des tensions au Moyen-Orient. Fidèle à sa doctrine diplomatique, Pretoria appelle « toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue ».

Le gouvernement sud-africain insiste sur la primauté du droit international et rappelle que la légitime défense ne saurait être invoquée de manière anticipée. Cette posture s’inscrit dans la tradition diplomatique de la nation arc-en-ciel, qui met en avant son propre parcours de transition politique fondé sur le dialogue.

Malgré ses relations avec Téhéran au sein des Brics, l’Afrique du Sud évite toute prise de position frontale et privilégie une approche équilibrée.

Une opposition plus virulente

La tonalité est bien différente du côté des Combattants pour la liberté économique (EFF), formation dirigée par Julius Malema. Le parti de gauche radicale affirme que l’Iran « a le droit de se défendre » et dénonce une alliance Washington–Tel Aviv déterminée à défendre les intérêts israéliens dans la région « quel qu’en soit le coût humain ».

Cette divergence illustre les tensions internes au débat politique sud-africain sur les questions internationales.

Des réactions contrastées en Afrique

Au-delà de Pretoria, le continent africain a multiplié les réactions. L’Union africaine, par la voix de son président de la Commission Mahamoud Ali Youssouf, a d’abord exprimé son inquiétude face aux bombardements américains et israéliens, estimant que cette escalade « risque d’aggraver l’instabilité mondiale ».

Dans un second communiqué, l’organisation continentale a également condamné les frappes de missiles et de drones iraniens visant Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Arabie saoudite.

Le Maroc a dénoncé des attaques iraniennes « abjectes » contre des États arabes frères. Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a exprimé sa solidarité avec le peuple iranien, tout en condamnant les frappes visant d’autres pays de la région.

D’autres États comme le Sénégal, l’Algérie, le Kenya et le Ghana appellent à un cessez-le-feu immédiat et exhortent leurs ressortissants à la prudence.

Une inquiétude face au risque d’embrasement

La riposte iranienne, marquée par des tirs de missiles contre Israël et des bases situées dans plusieurs pays du Moyen-Orient, nourrit les craintes d’un embrasement régional aux conséquences globales.

Pour de nombreux pays africains, la priorité reste la désescalade et le respect du droit international. L’équilibre diplomatique demeure délicat, notamment pour les États liés à l’Iran dans des cadres multilatéraux comme les Brics.

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Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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