Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa annonce le déploiement de l’armée contre le crime organisé


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Cyril Ramaphose, Président d'Afrique du Sud
Cyril Ramaphose, Président d'Afrique du Sud

Sous pression à quelques mois d’élections municipales décisives, Cyril Ramaphosa a dévoilé un plan d’action musclé lors de son discours sur l’état de la nation. Le président sud-africain promet un tournant sécuritaire et administratif pour répondre à la colère croissante de la population. L’insécurité persistante et l’effondrement de services publics essentiels figurent au cœur de ses priorités.

Cette prise de parole marque une tentative de reprise en main dans un contexte politique particulièrement tendu.

Une réponse militaire face aux réseaux criminels

Le constat est sans appel : avec une moyenne de plus de 20 000 meurtres par an, l’Afrique du Sud demeure l’une des zones les plus dangereuses au monde hors zone de conflit. Pour Cyril Ramaphosa, le crime organisé est devenu la menace la plus immédiate pour la démocratie et le développement économique du pays. En réponse, le président a officialisé le déploiement de l’armée pour soutenir une police souvent jugée impuissante ou infiltrée par la corruption.

Cette intervention militaire ciblera en priorité la province du Cap-Occidental, ravagée par la violence des gangs, et le Gauteng, où les fusillades liées à l’orpaillage illégal se multiplient. En complément de ce déploiement de force, le gouvernement prévoit le recrutement de 5 000 nouveaux policiers et la création d’équipes d’intervention multidisciplinaires chargées de démanteler les centres de renseignement des syndicats du crime.

La fin de l’impunité pour la gestion de l’eau

Au-delà de l’aspect sécuritaire, c’est la crise de l’eau qui menace la stabilité sociale. À Johannesburg, des quartiers entiers ont subi des coupures de plus de vingt jours, ce qui a provoqué des manifestations spontanées. Le président a été particulièrement ferme envers les autorités locales, qualifiant les pénuries de symptôme d’un système de gouvernement défaillant.

Pour la première fois, l’exécutif brandit la menace de poursuites pénales contre les responsables municipaux qui ne remplissent pas leur mission de fourniture d’eau. Cette mesure vise à pallier l’absence chronique d’entretien des infrastructures de canalisation, aggravée par un climat de plus en plus aride. Un comité de gestion de crise a été instauré pour tenter de stabiliser la situation dans les zones les plus critiques.

Un test majeur pour la coalition au pouvoir

Depuis juin 2024, Cyril Ramaphosa dirige le premier gouvernement de coalition de l’ère post-apartheid, incluant l’Alliance démocratique (DA). Si cette alliance a permis de rassurer les marchés financiers et de réduire les coupures d’électricité l’an dernier, le chômage massif et la défaillance des services de base continuent de fragiliser le Congrès national africain (ANC).

Ces annonces fortes interviennent dans un contexte diplomatique et intérieur tendu, marqué par un besoin urgent de restaurer la confiance des citoyens. L’efficacité du plan technique, que doivent élaborer le ministre de la Police et l’armée dans les prochains jours, déterminera si ces promesses suffiront à freiner l’érosion électorale de la coalition gouvernementale avant les prochains scrutins.

Fidele K
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Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
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