
Le parc national Kruger, symbole de la conservation en Afrique, fait face à une inquiétante hausse du braconnage de rhinocéros. Malgré des efforts technologiques et une baisse nationale des tueries, la situation se dégrade dans cette réserve emblématique. Des soupçons de corruption interne et des pistes controversées relancent le débat sur la protection de la faune. Le pays cherche désormais de nouvelles solutions pour enrayer la menace.
L’Afrique du Sud, véritable sanctuaire mondial de la biodiversité, traverse une période de turbulences pour la survie de ses rhinocéros. Alors que la tendance globale au niveau national affichait une légère baisse en 2025, le parc national Kruger, emblème de la conservation sauvage, a enregistré une recrudescence alarmante des tueries. Les chiffres officiels communiqués par le ministère de l’Environnement révèlent que 175 animaux ont été sacrifiés pour leurs cornes l’année dernière au sein du parc, soit presque le double des 88 spécimens recensés en 2024.
Une menace persistante malgré la technologie
Cette hausse locale survient alors que les autorités ont pourtant déployé un arsenal de protection impressionnant. Des programmes d’écornage préventif, visant à rendre l’animal moins attractif pour les braconniers, ainsi que des réseaux de caméras et de capteurs de mouvement haute technologie ont été installés sur ce territoire vaste comme la Belgique.
À l’échelle du pays, ces efforts semblent porter leurs fruits avec un total de 352 rhinocéros braconnés en 2025, marquant une baisse nationale de 16 %. Cependant, l’isolement et l’immensité du Kruger continuent d’offrir des failles exploitées par des réseaux criminels alimentant le marché noir asiatique.
La corruption interne dans le viseur des autorités
L’enquête sur cette augmentation soudaine a mis en lumière une réalité sombre : la complicité interne. Le parc Kruger a généralisé l’usage du polygraphe, ou détecteur de mensonges, pour tester la loyauté de ses rangers et du personnel de sécurité. Les résultats ont été sans appel, menant au licenciement de sept employés soupçonnés de collusion avec les réseaux de braconnage.
Les autorités soulignent un lien direct entre les échecs à ces tests de moralité et les zones où le massacre des pachydermes s’est accéléré, prouvant que la technologie ne suffit pas sans une intégrité humaine totale.
Vers une gestion controversée par la chasse
Pour tenter de financer la conservation et stabiliser les populations, le ministre de l’Environnement, Willie Aucamp, a jeté un pavé dans la mare en proposant le rétablissement de quotas d’exportation de trophées de chasse. Cette mesure, soumise à consultation publique, autoriserait notamment l’exportation de 12 rhinocéros noirs, une espèce pourtant en danger critique d’extinction.
Selon le gouvernement, cette approche permettrait une gestion durable et inciterait les propriétaires de réserves privées à maintenir leurs efforts de protection. Reste à savoir si cette stratégie saura convaincre les défenseurs de la nature alors que le Kruger peine encore à sécuriser ses frontières intérieures.




