
La charge invisible des familles à distance face aux maladies chroniques au Sénégal et au-delà.
Diariata Ane Ndiaye, fondatrice de Woyofal Santé, lève le voile sur une réalité partagée par des milliers de familles de la diaspora : l’angoisse du suivi médical à distance. Pour ces expatriés, envoyer de l’argent ne suffit plus ; il s’agit désormais de gérer, depuis la France, l’instabilité glycémique ou tensionnelle d’un parent resté au pays.
Une urgence sanitaire aux chiffres alarmants
Le constat s’appuie sur une réalité statistique brutale. Selon l’OMS et la Fédération internationale du diabète (FID) :
- Croissance record : 24 millions de personnes vivaient avec le diabète en Afrique en 2021. Ce chiffre devrait bondir de 129 % pour atteindre 55 millions d’ici 2045.
- Mortalité prématurée : En Afrique subsaharienne, 58 % des décès liés au diabète surviennent avant 70 ans (contre 48 % au niveau mondial). Plus alarmant encore, une étude de Pastakia et al. révèle que 76,4 % de ces décès concernaient des personnes de moins de 60 ans.
- Échec thérapeutique : Une méta-analyse de 2022 (Lubaki et al.) montre que 7 patients sur 10 en Afrique subsaharienne ne parviennent pas à stabiliser leur glycémie, ouvrant la porte à des complications graves (AVC, amputations, insuffisance rénale).
L’Afrique de l’Ouest face au défi du « tueur silencieux »
Le Sénégal n’est que la partie émergée de l’iceberg. Dans toute la zone CEDEAO (420 millions d’habitants), l’urbanisation et l’évolution des modes de vie font exploser les maladies non transmissibles. Le chiffre clé : Environ 70 % des diabétiques africains ignorent leur statut.
Enfin, l’accès au soin reste un parcours du combattant financier. Le coût annuel de prise en charge, hors complications, peut varier de 126 à plus de 1 000 dollars dans des pays comme la Guinée ou le Mali. Une somme souvent insupportable pour les ménages locaux, qui repose alors intégralement sur la solidarité de la diaspora.
Woyofal Santé : « L’entre-deux consultations » comme solution
C’est ici qu’intervient l’innovation sociale portée par Diariata Ane Ndiaye. Woyofal Santé ne remplace pas le médecin ; elle comble le vide entre deux rendez-vous. Le projet propose un outil de coordination inédit :
- Centralisation : Regrouper les mesures de glycémie et de tension en temps réel.
- Simplification : Transformer des données brutes en synthèses compréhensibles pour les proches.
- Alerte : Signaler immédiatement les situations à risque pour permettre une intervention rapide.
Une diaspora qui veut « comprendre pour mieux accompagner »
Avec 138 000 immigrés nés au Sénégal vivant en France (Insee, 2023), la communauté sénégalaise est l’un des piliers économiques du pays via l’envoi de fonds. Mais la nouvelle génération de la diaspora change de paradigme. Elle aspire à devenir un acteur de la santé de ses proches.
L’initiative de Diariata Ane Ndiaye répond à ce besoin de contrôle et de sérénité : transformer l’angoisse de l’appel téléphonique dominical en un suivi structuré, digne et efficace.
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