
Le journalisme d’investigation et l’engagement citoyen sont de nouveau au cœur de l’actualité judiciaire en Côte d’Ivoire. Le célèbre journaliste de L’Éléphant déchaîné, Antoine Assalé Tiémoko, par ailleurs maire et ancien député de Tiassalé, président du mouvement politique Agir pour la Démocratie et la Citoyenneté en Côte d’Ivoire (ADCI), est convoqué ce mardi 21 avril 2026 à la préfecture de police d’Abidjan. Cette convocation, émise sur instruction directe du procureur de la République, suscite déjà de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile ivoirienne
C’est par le biais d’un communiqué officiel de sa formation politique, l’ADCI, que l’information a été rendue publique. Antoine Assalé Tiémoko est attendu dans les locaux de la préfecture de police pour des motifs qui n’ont pas encore été formellement et publiquement détaillés par les autorités judiciaires.
Cependant, le timing et la stature de l’homme interrogent. Connu pour ses prises de position tranchées contre la corruption, ses enquêtes journalistiques audacieuses et son franc-parler à l’Assemblée nationale, Antoine Assalé Tiémoko est une figure qui ne laisse personne indifférent. Pour ses partisans, cette procédure s’apparente à une tentative d’intimidation visant à faire taire une voix critique à l’approche de futures échéances électorales, alors qu’il a lui-même formulé un recours contre sa défaite lors des Législatives de 2025 à Tiassalé, estimant avoir été spolié de sa victoire.
Intimidation d’un opposant politique ?
Dès l’annonce de la nouvelle, la direction de l’ADCI est montée au créneau. Dans une déclaration officielle, le parti exprime sa profonde inquiétude face à ce qu’il qualifie de harcèlement envers son leader.
Le parti a confirmé que son président, loin de vouloir se soustraire à la justice, honorera bien cette convocation. L’ADCI a lancé un appel solennel à la mobilisation générale de l’ensemble de ses militants, sympathisants et des défenseurs des libertés publiques. Le parti demande à ses soutiens de rester vigilants et de se tenir prêts à défendre les principes démocratiques et la liberté d’expression.
Cette affaire dépasse en effet le simple cadre d’une audition de police et s’inscrit dans un débat plus large sur la Liberté de la Presse et l’exercice des droits politiques en Côte d’Ivoire. Antoine Assalé Tiémoko porte pour beaucoup cette double étiquette de l’élu proche du peuple et du journaliste refusant l’omerta. Et dans les deux cas, il dérange les puissants de l’heure et ne bénéficie de fait plus de son immunité parlementaire.
L’issue de cette audition à la préfecture de police d’Abidjan sera scrutée de très près par les observateurs nationaux et internationaux. S’agit-il d’une simple procédure de routine ou du début d’une bataille judiciaire plus complexe visant à éliminer un opposant du champ politique? Les suites de cette convocation l’éclairciront.



