
L’Afrique du Sud rejoint officiellement Afreximbank, devenant le 54e actionnaire souverain de l’institution panafricaine. Ce partenariat s’accompagne d’un programme de financement immédiat de 8 milliards de dollars destiné à soutenir l’industrialisation et les échanges régionaux. Pretoria entend ainsi réduire sa dépendance aux marchés extérieurs et accélérer sa transformation économique.
Le paysage économique du continent connaît un basculement historique avec l’adhésion officielle de l’Afrique du Sud à la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). À Johannesburg, Pretoria a scellé ce partenariat stratégique en devenant le 54e pays à rejoindre l’Accord constitutif de l’institution, occupant désormais une place d’actionnaire souverain de catégorie A. L’événement, qui a réuni plus de 150 délégations internationales, marque la volonté de la première puissance industrielle du continent de placer son destin entre les mains d’une institution panafricaine plutôt que de dépendre des marchés extérieurs.
Une injection massive de capitaux pour l’industrie nationale
L’adhésion ne reste pas au stade des intentions diplomatiques puisqu’elle s’accompagne d’un programme de financement immédiat de 8 milliards de dollars américains. Cet engagement financier majeur d’Afreximbank est destiné à doper les capacités industrielles sud-africaines et à fluidifier les échanges commerciaux dans la région.
Le président Cyril Ramaphosa a d’ailleurs précisé que l’enveloppe totale des engagements pourrait s’étendre jusqu’à 13 milliards de dollars. Ce capital frais permettra aux entreprises publiques et privées d’accéder à des lignes de crédit spécifiques liées à la ZLECAf et à des outils de couverture des risques indispensables dans un contexte de volatilité mondiale.
Un levier pour l’inclusion et la transformation sociale
Au cœur de ce partenariat figure une dimension sociale forte avec la création d’un Fonds de transformation. Ce mécanisme est spécifiquement conçu pour soutenir les entreprises détenues par des entrepreneurs noirs, ainsi que les PME, les jeunes et les femmes. Pour Cyril Ramaphosa, l’objectif est clair : corriger les inégalités historiques par une croissance inclusive.
En s’appuyant sur l’expertise d’Afreximbank, le gouvernement sud-africain entend propulser sa stratégie industrielle autour de trois piliers fondamentaux : la décarbonation, la diversification et la numérisation des services.
Souveraineté économique et projection continentale
L’arrivée de l’Afrique du Sud au sein d’Afreximbank renforce considérablement la force de frappe de la Banque, qui affiche déjà plus de 40 milliards de dollars d’actifs. Ce rapprochement stratégique vise à réduire la dépendance du continent vis-à-vis des importations extra-africaines.
Le Dr George Elombi, président du Conseil d’administration de la Banque, a insisté sur le fait que l’Afrique possède désormais le marché et le capital nécessaires pour transformer ses propres ressources. Outre le financement, ce partenariat ouvre la voie à la création d’une Banque sud-africaine d’import-export, renforçant la résilience du pays face aux chocs protectionnistes mondiaux.




