Afrique du Sud : John Steenhuisen annonce son départ de la tête de l’Alliance démocratique


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John Steenhuisen
John Steenhuisen

À la tête de l’Alliance démocratique depuis 2019, John Steenhuisen a annoncé qu’il ne se représenterait pas lors du congrès fédéral prévu en avril. Le leader du deuxième parti politique d’Afrique du Sud met ainsi un terme à six années de direction, marquées par l’entrée historique de la DA au sein du gouvernement d’union nationale. Désormais ministre de l’Agriculture, il affirme vouloir concentrer son action sur la lutte contre l’épidémie de fièvre aphteuse.

Cette décision ouvre une période d’incertitude pour l’Alliance démocratique et pourrait peser sur les équilibres de la coalition au pouvoir.

Un retrait officialisé lors d’une conférence de presse

Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 4 février 2026, John Steenhuisen a annoncé qu’il renonçait à se représenter à la présidence de l’Alliance démocratique, deuxième force politique d’Afrique du Sud. Élu en 2019, il a expliqué prendre cette décision « de tout cœur » et estimé avoir mené à bien la mission qu’il s’était fixée à la tête du parti. Désormais ministre de l’Agriculture dans le gouvernement du président Cyril Ramaphosa, il affirme vouloir consacrer l’essentiel de son énergie à la lutte contre l’épidémie de fièvre aphteuse, qualifiée de plus grave jamais connue par le pays.

Un bilan politique revendiqué par la DA

Dans un communiqué, l’Alliance démocratique a salué les six années de mandat de John Steenhuisen, marquées par une stabilité institutionnelle renforcée et de solides performances électorales lors des scrutins de 2021 et 2024. Sous sa direction, le parti a surtout franchi un cap historique en rejoignant le gouvernement d’union nationale formé en 2024, après la perte de la majorité parlementaire de l’ANC. Une étape que la DA présente comme un moment déterminant dans le paysage politique sud-africain.

Appel à l’unité face aux rivalités politiques

Se disant fier de ce parcours, John Steenhuisen a appelé son camp à rester uni afin de contenir la montée de forces politiques rivales. Il a notamment mis en garde contre une possible alliance entre le parti MK et les Combattants pour la liberté économique (EFF), qu’il juge dangereuse pour la stabilité du pays. Il a cité les tensions survenues en décembre dernier dans une province, où une motion de censure avait failli renverser un gouvernement d’unité provinciale, suivie d’épisodes de violence au sein de l’assemblée locale.

Des tensions internes et des critiques persistantes

Si la version officielle met en avant un choix personnel, plusieurs sources locales évoquent toutefois un départ contraint. La gestion très critiquée de l’épidémie de fièvre aphteuse, ainsi que des tensions internes persistantes au sein de la DA, auraient fragilisé la position du dirigeant. Des controverses, notamment autour de l’utilisation d’une carte bancaire du parti, ont également alimenté les débats, même si une enquête interne n’a pas mis en évidence de détournement de fonds.

Une succession déjà en débat

À 49 ans, John Steenhuisen continuera d’exercer ses fonctions ministérielles, tandis que la course à sa succession s’ouvre au sein de l’Alliance démocratique. Plusieurs analystes estiment que le maire du Cap, Geordin Hill-Lewis, figure parmi les favoris pour reprendre la direction du parti lors du congrès d’avril. Cette transition pourrait peser sur l’équilibre du gouvernement de coalition, alors que la DA détient environ 22 % des sièges à l’Assemblée nationale, contre 41 % pour l’ANC.

Fidele K
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Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
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