Retrait temporaire de l’Afrique du Sud du G20


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L’Afrique du Sud a annoncé lors du Forum économique mondial de Davos son retrait temporaire du G20 pour l’année 2026. Cette décision, présentée par Pretoria comme un acte de souveraineté, intervient dans un contexte de vives tensions diplomatiques avec les États-Unis, qui assurent cette année la présidence tournante du groupe et ont refusé d’accréditer la délégation sud-africaine.

Les tensions entre les États-Unis et l’Afrique du Sud viennent de prendre une nouvelle tournure avec le retrait temporaire annoncé de l’un des pays fondateurs du G20 et unique représentant africain au sein du groupe des plus grandes puissances économiques mondiales.

Une crise diplomatique aux origines multiples

Alors que les États-Unis président cette année le G20, dont le prochain sommet se tiendra les 14 et 15 décembre à Miami, l’Afrique du Sud a annoncé son retrait temporaire à l’issue du Forum économique mondial de Davos (19-23 janvier 2026). Cette décision met en exergue les tensions entre les deux pays, qui ont débuté notamment avec la plainte déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de Justice en décembre 2023 contre Israël pour « génocide » à Gaza, une démarche vivement critiquée par Washington.

La réaction américaine avait été immédiate. Le président Donald Trump, considérant cet acte comme un affront, a boycotté le sommet du G20 tenu à Johannesburg du 21 au 23 novembre 2025. C’était pourtant le premier sommet du G20 organisé sur le continent africain. Il a également déclaré depuis le Bureau ovale son intention d’écarter l’Afrique du Sud du sommet de Miami, refusant d’accréditer la délégation sud-africaine et rendant de ce fait impossible la présence du pays d’Afrique australe à ce rendez-vous majeur des grandes puissances économiques mondiales.

Un retrait présenté comme un acte de souveraineté

Si certains observateurs voient dans l’annonce du retrait temporaire de l’Afrique du Sud une fuite en avant face au président Trump, l’administration sud-africaine se veut rassurante. Par la voix de son ministre des Finances, Enoch Godongwana, cette décision est présentée comme un acte de souveraineté. Malgré les conséquences évidentes, notamment le vide de représentation africaine causé par ce retrait du groupe, l’Union africaine y siégeant toutefois en tant que membre depuis 2023, Pretoria tient à rappeler son statut de membre fondateur du G20 depuis 1999 et affirme ne pas pouvoir se soumettre aux conditions imposées par les États-Unis.

Washington rendra sa présidence du G20 fin 2026 et passera le flambeau au Royaume-Uni en 2027, ce qui devrait permettre à l’Afrique du Sud de réintégrer le groupe dans un climat diplomatique plus favorable.

Franklin Nyamsi
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Franklin Nyamsi, intellectuel franco-camerounais, est un essayiste et professeur agrégé de philosophie connu pour ses prises de position tranchées sur les dynamiques politiques africaines et les relations entre l'Afrique et l'Occident. Engagé dans le débat public, il analyse les enjeux de gouvernance, de démocratie et de souveraineté sur le continent africain, souvent à travers une critique acerbe des élites en place. Très actif sur les réseaux sociaux et dans les médias, il se distingue par un discours volontiers polémique, s’attirant à la fois des soutiens fervents et des détracteurs résolus. Ses interventions, marquées par une rhétorique percutante, en font une figure influente et controversée du paysage intellectuel panafricain.
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