La justice internationale appelle Bemba à la barre

Le procès de Jean-Pierre Bemba a été ordonné par la Cour Pénale Internationale (CPI), lundi. Le sénateur et ancien chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC) est accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis entre 2002 et 2003 en Centrafrique lorsque François Bozizé menaçait le président Ange Félix Patassé.

La CPI a ordonné ce lundi le jugement de Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien vice-président de la RDC et ancien chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), principal groupe d’opposition du pays. Les troupes de Bemba avaient soutenu Ange Felix Patassé, alors président de la République Centrafricaine, qui devait faire face à une rébellion lancée par François Bozizé entre octobre 2002 et mars 2003. Les deux hommes sont accusés d’avoir semé la terreur dans le pays par le viol et le pillage. Une enquête a été ouverte en 2007. Suite à un mandat d’arrêt international lancé par la CPI, M. Bemba a été arrêté à Bruxelles le 24 mai 2008. La défense clame l’innocence de Jean-Pierre Bemba, plaidant qu’il avait simplement mis à disposition ses hommes pour soutenir un président démocratiquement élu et qu’il ignorait les exactions qui se déroulaient en Centrafrique. Il a été transféré à la Haye en juillet 2008.

Depuis janvier dernier, la Cour Pénale devait établir si les preuves contre M. Bemba étaient suffisantes pour un procès. Lors des audiences, l’accusation a recquis huit chefs d’accusation, dont trois pour crimes de guerre et cinq pour crimes contre l’humanité. Cinq d’entre elles ont finalement été retenues par la Chambre préliminaire qui a reconnu l’ancien chef militaire pénalement responsable de meurtre, viol et pillage. Les accusations de torture et d’atteinte à la dignité de la personne ont toutefois été abandonnées. La date du procès n’a pas encore été fixée.

En 2006, Jean-Pierre Bemba a perdu l’élection présidentielle qui l’opposait à Joseph Kabila. Il a quitté son pays en 2007.