Jean-Pierre Bemba a été entendu par la Cour pénale internationale

L’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba a comparu pour la première fois ce vendredi devant la Cour pénale internationale (CPI). Accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, il est incarcéré à La Haye.

Jean-Pierre-Bemba, le leader politique congolais, s’est présenté pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI) ce vendredi. L’audience a servi à informer l’accusé des charges retenues contre lui. Son prochain rendez-vous avec la justice est fixé au 4 novembre prochain.

Si les juges estiment alors que les éléments retenus contre lui sont suffisants pour l’inculper, son procès pourra s’ouvrir. Arrivé mercredi à La Haye, l’ancien vice-président congolais a ainsi rejoint trois autres de ses compatriotes, les chefs de milice Thomas Lubanga, Mathieu Ngudjolo Chui et Germain Katanga en cellule.

La CPI, entre succès et difficultés

Le chef du Mouvement de libération du Congo (MLC) est accusé de « viols, tortures, traitements dégradants, pillages et meurtres » commis par ses hommes en Centrafrique en 2002 et 2003. Son mouvement avait apporté son soutien à l’ancien président Ange Félix Patassé, alors menacé par la rébellion du général François Bozizé, l’actuel chef de l’Etat centrafricain.

Jean-Pierre Bemba est la première personne à avoir été interpelée dans le cadre de l’enquête lancée en mai 2007 par la CPI sur les évènements survenus en Centrafrique. Ce succès dissimule mal les difficultés auxquelles la CPI est confrontée depuis quelques jours. L’arrivée de Jean-Pierre Bemba à La Haye coïncide avec l’émergence d’incertitudes quant à la tenue du procès de Thomas Lubanga risque d’échapper à la CPI. La Cour pénale internationale avait ordonné mardi la remise en liberté provisoire du chef de l’Union des Patriotes Congolais (UPC). Le parquet a fait appel de cette décision mercredi. Cependant, le procureur de la Cour a assuré jeudi que le chef de la milice congolaise, accusé de crimes de guerre, serait jugé d’ici l’automne par la juridiction internationale.

La CPI compte bien en faire de même pour Jean-Pierre Bemba qui ne cesse de clamer son innocence. Ses partisans en font de même. Dans un communiqué publié par le MLC, ils sont invités à veiller à ce que leur chef « ne soit pas sacrifié sur l’autel de l’insjustice ». Comment ? En suivant « avec vigilance » le procès de « celui qui (a) contribué à la restauration de la paix et au lancement du processus démocratique ».