Kenya : le premier décès d’Ebola fait basculer Nairobi


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Ebola virus

Un ressortissant kényan, qui vivait en RDC, est mort lundi soir à Nairobi après avoir été testé positif au virus Ebola. Il s’agit du premier cas confirmé et du premier décès liés à cette maladie jamais enregistrés sur le territoire kényan.

L’annonce a été faite ce mardi 6 octobre par le ministre kényan de la Santé, Aden Duale. Selon les autorités, l’homme était malade depuis environ un mois et avait reçu des soins en RDC. Il a ensuite rejoint Kampala, en Ouganda, par la route avant de prendre un avion pour Nairobi le 3 octobre. À son arrivée, il a passé les contrôles sanitaires de l’aéroport, avant d’être conduit par des proches au Nairobi Hospital. Il y a été placé à l’isolement, puis les analyses ont confirmé une infection par le virus Bundibugyo, responsable de cette forme de maladie à Ebola. Malgré les soins, il est décédé lundi vers 23 h 30, heure locale.

Une course contre la montre

À Nairobi, tout est actionné pour empêcher que ce cas importé ne se transforme en chaîne de transmission. Les autorités ont identifié 28 personnes ayant été en contact avec le malade et recherchent encore d’autres passagers et membres d’équipage du vol qu’il a emprunté. Les personnes considérées comme exposées doivent être suivies pendant 21 jours après leur dernière exposition.

Le Kenya avait pourtant renforcé sa préparation ces derniers mois, notamment dans les aéroports et aux postes-frontières avec l’Ouganda. À Busia, où transitent quotidiennement plus de 3 000 personnes, l’OMS avait accompagné la formation des personnels et des acteurs frontaliers, tout en signalant des lacunes persistantes dans la surveillance nocturne.

Un nouveau pays touché par un cas importé

Le décès de Nairobi rappelle surtout que l’épidémie ne s’arrête pas aux frontières. Au 3 octobre, la RDC comptait plus de 8 400 cas confirmés et plus de 4 000 décès selon les données compilées par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. L’Ituri reste l’épicentre avec près de 6 400 cas et plus de 2 900 morts.

Après l’Ouganda, qui a connu des cas importés avant de déclarer la fin de son épidémie en août, le Kenya devient ainsi un nouveau point de vigilance.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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