
L’épidémie de maladie à virus Ebola continue de faire des ravages en Ituri. À Biakato, dans le territoire de Mambasa, 18 personnes sont mortes en seulement deux jours. Il s’agit-là d’un nouveau signal d’alarme pour une province qui concentre près des trois quarts des décès enregistrés depuis le début de l’épidémie en RDC.
À Biakato, l’inquiétude gagne du terrain. Dix-huit décès liés à Ebola ont été enregistrés samedi et dimanche, selon des acteurs locaux de la société civile citant des sources sanitaires. Dans cette partie de l’Ituri, où les équipes de riposte travaillent déjà dans des conditions difficiles, cette nouvelle vague de décès fait craindre une aggravation de la situation.
La société civile appelle à renforcer d’urgence la sensibilisation de la population. Le respect des mesures de prévention, l’identification rapide des personnes présentant des symptômes et leur orientation vers les structures de santé restent essentiels pour éviter de nouvelles chaînes de contamination.
Des équipes sanitaires à court de moyens
Dans la zone de santé de Mandima, l’unique ambulance disponible manquerait de carburant, limitant les déplacements des équipes. Autre difficulté : Biakato ne dispose pas de laboratoire mobile. Les prélèvements effectués sur les personnes suspectées d’être infectées doivent être transportés jusqu’à Komanda, à plus de 100 kilomètres. Cette distance peut faire perdre un temps précieux, surtout avec cette épidémie où l’identification rapide des cas et le suivi des contacts jouent un rôle déterminant.
La situation est d’autant plus préoccupante que la majorité des décès ne survient pas nécessairement dans les centres de traitement. Selon une analyse de Save the Children portant sur les données du ministère de la Santé, 81,5% des décès enregistrés au cours des trois semaines précédant le 27 septembre sont survenus au sein des communautés. Cette réalité souligne une faiblesse majeure de la riposte : le fait de ne pas réussir à faire venir les malades suffisamment tôt dans les structures de soins.
Près de 1 000 enfants morts
Le bilan humain prend une dimension encore plus dramatique chez les enfants. Selon Save the Children, 961 enfants sont déjà morts d’Ebola depuis le début de l’épidémie, dont 623 âgés de moins de cinq ans. Au total, au moins 2 071 mineurs ont contracté le virus. Chez les enfants de moins de cinq ans, le taux de létalité atteint 61%, contre environ 48% pour l’ensemble des cas. L’organisation estime par ailleurs qu’au moins 180 enfants ont perdu leurs deux parents ou leurs principaux responsables à cause de la maladie.
En réalité, ces chiffres ne racontent qu’une partie de la crise. Au-delà des décès se profilent des familles désorganisées, des enfants privés de leurs parents et des communautés déjà fragilisées par l’insécurité et la pauvreté. Face à la recrudescence des cas, l’Organisation mondiale de la santé a annoncé le déploiement d’une équipe d’intervention rapide dans les zones de santé de Mambasa et de Mandima. Elle doit appuyer les équipes locales et contribuer à freiner la transmission.




