IA : l’Afrique paie plus et avance moins


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Intelligence artificielle
Intelligence artificielle

Les entreprises africaines consacrent à l’intelligence artificielle une part de leurs moyens que peu de concurrentes étrangères engagent. Selon le baromètre 2026 de KPMG, réalisé auprès de 176 PDG du continent, 21% prévoient d’y affecter plus de 20% de leur budget. La moyenne mondiale tombe à 8%. En Afrique du Nord, la proportion grimpe à 29%. Ce constat est pourtant resté en marge de la plupart des comptes rendus.

Le baromètre 2026 de KPMG est très révélateur sur l’engagement du patronat africain en faveur de l’intégration de l’IA en entreprise. La presse a surtout retenu un chiffre : 72% des patrons africains rangent l’IA parmi leurs priorités d’investissement, mais 14% seulement pensent que leur organisation tient le rythme, contre 66% ailleurs. Rapproché des budgets engagés, cet écart change pourtant de sens. Le continent ne manque pas de volonté financière. Il dépense davantage, en proportion, pour un résultat que ses propres dirigeants jugent nettement insuffisant. En Afrique du Nord, aucun des répondants ne s’estime à niveau.

Une expertise achetée au dehors

Une partie de l’explication tient à la manière d’acquérir les compétences. 45% des dirigeants africains font appel à des spécialistes externes pour combler leurs lacunes, contre 34% dans le monde. À l’inverse, 37% seulement proposent à leurs équipes une formation à l’IA adaptée à chaque métier, quand la moyenne mondiale avoisine 46%. Les sommes engagées rémunèrent donc plus souvent des prestataires qu’elles ne bâtissent un savoir-faire interne, appelé à rester dans l’entreprise après la fin des contrats.

Les patrons désignent eux-mêmes ce point faible. 59% citent le déficit de compétences parmi leurs contraintes, 58% la formation à l’IA et 52% l’attraction et la rétention des talents. Ils comptent y remédier en partie par l’embauche directe : 74% recrutent des profils spécialisés en IA et en technologie. Dans le même temps, 86% veulent retenir et reconvertir leurs meilleurs éléments. Garder les compétences déjà acquises devient ainsi, pour eux, une préoccupation aussi pressante que les attirer.

Un retour sur investissement repoussé

La rentabilité, elle, se fait encore attendre. 48% des PDG africains espèrent amortir leurs dépenses en IA en un à trois ans, contre 71% de leurs homologues interrogés dans le reste du monde. Ils sont 42% à repousser cet horizon au-delà de trois ans, une proportion trois fois et demie supérieure au taux mondial de 12%. Les prévisions de bénéfices suivent la même prudence : 58% seulement anticipent une hausse annuelle d’au moins 2,5% sur trois ans.

Le chantier des données alourdit encore la facture. En Afrique de l’Ouest, 73% des dirigeants citent leur préparation comme principale contrainte, contre 55% pour l’ensemble du continent.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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