
Du 28 au 31 octobre 2026, Douala a accueilli la première édition de la Foire internationale sur les énergies renouvelables en Afrique (Fiera). Organisateur et participants y ont rappelé que l’accès à une électricité stable reste un défi quotidien, y compris au Cameroun, malgré les barrages déjà en service.
Sous le co-parrainage du ministère de l’Eau et de l’Énergie du Cameroun (Minee) et de la Communauté urbaine de Douala (Cud), le cabinet de conseil camerounais (Établissements Dassi Consulting), dirigé par Monsieur Ludovic Dassi, a organisé la première édition de la Foire internationale sur les énergies renouvelables en Afrique (Fiera), les 28, 29, 30 et 31 octobre 2026, à l’hôtel Best Western Plus Soaho de Douala.
Il n’y avait vraiment pas meilleur thème que « Les énergies renouvelables pour l’indépendance énergétique de l’Afrique », pour retenir, et ce, pendant quatre jours, les sommités composées des acteurs institutionnels, industriels, académiques et financiers. Et il y a eu entre autres points au programme :
- Des rencontres B2B (business to business)
- Des rencontres B2G (business to government)
- Deal rooms (espaces pour faciliter les échanges directs entre porteurs de projets et investisseurs)
- Sommets de haut niveau et panels politiques
- Des ateliers techniques portant sur le solaire photovoltaïque, systèmes de stockage par batteries, biomasse, hydroélectricité, éolien
- Des panels sur le financement vert
- Des ateliers sur la transition énergétique
600 millions d’Africains sans électricité stable
Pour Monsieur Ludovic Dassi, promoteur de la Fiera-Douala 2026, un événement dont l’importance n’est plus à démontrer, « plus de 600 millions d’Africains vivent encore sans accès stable à l’électricité, malgré un potentiel énorme. Aujourd’hui, ce n’est pas simplement l’ouverture d’une foire internationale, mais nous ouvrons un espace de dialogue, d’innovation et d’affaires ».
Selon Monsieur Marcellin Armel Noa Avele, délégué régional du ministère de l’Eau et de l’Énergie pour le Littoral, « l’énergie est aujourd’hui au cœur de toutes les politiques de développement. Elle constitue un facteur déterminant, une nécessité économique, d’industrialisation, de création d’emplois et d’amélioration durable des conditions de vie des populations ».
« Cette initiative, appelée “Fiera-Douala 2026”, offre un cadre privilégié de réflexion, de dialogue et de croissance énergétique, industrielle, sociale et économique de notre continent », conclut-il.
Des entreprises freinées par les coupures
« L’Afrique, notre continent, dispose de ressources hydrauliques importantes, d’un potentiel de biomasse et de nombreux cours d’eau, de sources de productions énergétiques. Et pourtant, dans plusieurs de nos pays, l’accès à l’électricité fiable reste, pour beaucoup de nos concitoyens, un défi quotidien. Nos entreprises subissent des interruptions de production, nos Pme (petites et moyennes entreprises) ne sont pas compétitives, nos agriculteurs rencontrent des difficultés pour transformer et conserver leurs produits, nos collectivités peinent à assurer certains services essentiels », indique le patriarche Paul K.
« Face à ces réalités, comment envisager une industrialisation ambitieuse, lorsque l’énergie qui sert à la production n’est pas très disponible ? Comment promouvoir l’entrepreneuriat, lorsque l’énergie devient un obstacle à la croissance ? Comment transformer les produits agricoles ou créer une entreprise dans l’arrière-pays, où l’énergie électrique est quasi inexistante ? », ajoute-t-il.
« A-t-on appris, l’aménagement hydroélectrique de la Nhpc (Nachtigal Hydro Power Company) est désormais pleinement en exploitation et constitue une infrastructure stratégique au service du secteur énergétique du Cameroun. En dehors du barrage de Nachtigal, il y a les barrages de Memve’ele, Mekin, Song Loulou, Édéa… Malgré la mise sur pied de ces infrastructures très coûteuses, qu’est-ce qui empêche, pour que nous ayons l’énergie électrique de qualité, stable et la commercialiser à l’étranger ? », s’interroge l’étudiante Pauline S.
Former sur le terrain
Selon l’entrepreneur Charles T., « nos enfants formés dans les grandes écoles et centres de formation sont très forts en théorie, mais en pratique, ils ne sont pas performants. Je prends l’exemple de deux jeunes formés en électricité. L’un formé sur le tas, l’autre sorti d’une grande école. Nous constatons que, sur le terrain ou au niveau des rendements, celui formé sur le tas est plus performant que celui formé dans une grande école ».
« Alors, pour que le déficit en énergie électrique entre dans les oubliettes dans les pays africains, je suggère l’intégration, la promotion, la vulgarisation et la formation des autres sources d’énergie que sont : le solaire photovoltaïque, systèmes de stockage par batteries, biomasse, hydroélectricité, éolien », conclut-il.








