
À partir de ce lundi 2 novembre 2026, les transactions interopérables de monnaie électronique entre particuliers dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) doivent obligatoirement passer par la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI) de la BCEAO. Cette nouvelle disposition s’accompagne de changements sur les frais de transfert, la gratuité de la réception et les plafonds des comptes Mobile Money.
MTN Mobile Money, Moov Money, Orange Money, Wave et les autres prestataires de services financiers numériques sont concernés par cette évolution. Désormais, les transferts interopérables de monnaie électronique entre particuliers doivent transiter par la plateforme régionale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Lancée officiellement le 30 septembre 2025, PI-SPI permet d’effectuer des transferts instantanés entre différents établissements financiers : banques, institutions de microfinance, établissements de monnaie électronique et structures de paiement. Elle fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Selon la BCEAO, les opérations sont exécutées en quelques secondes, avec une confirmation immédiate pour l’expéditeur et le bénéficiaire.
Concrètement, un utilisateur pourra transférer de l’argent entre des comptes appartenant à différents réseaux, à condition que les prestataires concernés soient connectés à la plateforme et proposent le service à leur clientèle. Les opérations pourront être accessibles par application mobile, interface web ou code USSD, selon les solutions proposées par chaque établissement.
8 000 FCFA de transferts gratuits par jour
L’une des principales nouveautés concerne les frais appliqués aux transferts nationaux entre particuliers. Selon l’avis n°0019 de la BCEAO, les envois dont le montant cumulé ne dépasse pas 8 000 FCFA par jour, par utilisateur et par prestataire sont gratuits. Le nombre de transactions n’est pas limité.
Ce seuil est donc calculé sur le cumul journalier et non sur chaque opération prise isolément. Par exemple, un utilisateur qui envoie 5 000 FCFA le matin et 4 000 FCFA dans l’après-midi atteint un total de 9 000 FCFA. Il dépasse ainsi le seuil de gratuité.
Au-delà de cette limite, les prestataires peuvent appliquer des frais dont le taux ne doit pas dépasser 0,8 % du montant hors taxes du transfert concerné. Les opérateurs conservent une marge de tarification dans cette limite réglementaire.
En revanche, la réception des transferts demeure entièrement gratuite pour les particuliers, sans limitation de montant ni de nombre d’opérations. Aucun frais ne doit donc être prélevé sur le bénéficiaire pour recevoir de l’argent via PI-SPI.
Les plafonds des comptes Mobile Money augmentent
Les utilisateurs dont les comptes sont dûment identifiés bénéficient également d’un relèvement des plafonds. Le solde maximal autorisé auprès d’un même émetteur passe de 2 à 4 millions FCFA. Le cumul mensuel des rechargements est, quant à lui, porté de 10 à 15 millions FCFA.
Cette évolution offre davantage de possibilités aux utilisateurs qui effectuent régulièrement des opérations financières à travers leurs portefeuilles électroniques. Elle s’inscrit dans les nouvelles dispositions réglementaires de la BCEAO relatives aux services de paiement et à la monnaie électronique.
Les modalités pratiques peuvent toutefois varier selon les établissements et les services proposés. Les utilisateurs sont donc invités à consulter les nouvelles grilles tarifaires de leurs opérateurs.
Les transferts entre pays de l’UEMOA concernés en juin 2027
La réforme ne s’arrête pas aux opérations nationales. À compter du 1er juin 2027, les mêmes conditions tarifaires devront s’appliquer aux transferts interopérables entre particuliers effectués dans les huit pays de l’UEMOA.
Le dispositif concernera le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Un particulier pourra ainsi bénéficier des mêmes conditions de transfert pour envoyer de l’argent d’un pays à un autre au sein de l’Union.







