
Le président ghanéen John Dramani Mahama appelle à une mobilisation commune de l’Afrique, des Caraïbes et de la diaspora africaine pour faire avancer la justice réparatrice liée à la traite transatlantique des esclaves. Dans sa déclaration publiée ce dimanche 1er novembre 2026, il a salué l’ouverture du gouvernement britannique à des excuses officielles et à un dialogue structuré.
La reconnaissance des atrocités de la traite transatlantique par le Premier ministre britannique, Andy Burnham, constitue, selon John Mahama, une évolution encourageante dans le débat sur les réparations historiques. Le chef de l’État ghanéen accueille avec « un optimisme prudent et de la reconnaissance » la position de Londres, notamment son ouverture à la présentation d’excuses officielles et à l’engagement d’un dialogue structuré.
En sa qualité de champion de l’Union africaine (UA) pour les réparations et de président du Groupe consultatif mondial sur la justice réparatrice, Mahama considère cette déclaration comme une contribution à l’évolution du consensus international sur la question.
Il établit également un lien avec l’adoption récente d’une résolution de l’ONU portée par le Ghana, qui qualifie la traite transatlantique et l’asservissement racial des Africains de crime le plus grave contre l’humanité. Le président ghanéen relève toutefois que le Royaume-Uni s’était abstenu lors du vote de cette résolution.
Le Ghana plaide pour un front commun avec les Caraïbes
Pour John Mahama, les discussions sur les réparations ne doivent pas se limiter à des échanges entre Londres et Accra. Il souhaite qu’elles associent l’Union africaine, la Communauté des Caraïbes (CARICOM), la diaspora africaine ainsi que les pays ayant participé au système de traite et d’asservissement.
Le Ghana affirme sa solidarité avec les États membres de l’UA, les gouvernements et les populations de la CARICOM ainsi qu’avec les communautés africaines des Amériques. « Nous reconnaissons, tout comme nos partenaires, que nos points de vue sur la justice réparatrice peuvent diverger. Il existe assurément des points de désaccord profond, mais ces divergences ne doivent pas nous détourner de notre objectif commun. Grâce à un dialogue sincère et à une volonté politique réelle, nous pouvons atteindre cet objectif partagé : la guérison et la réparation »., a déclaré le chef d’Etat du Ghana.
Le président ghanéen rappelle que son pays porte une mémoire douloureuse de cette histoire. Le Ghana abrite plusieurs anciens forts et châteaux négriers, notamment ceux de Cape Coast, d’Elmina et de Christianborg. Ces lieux témoignent du départ forcé de millions d’Africains vers les Amériques, après leur enfermement dans des cachots et leur passage par la « Porte du non-retour ».
Des excuses aux investissements : les réparations au-delà des symboles
Au-delà de la reconnaissance historique, Accra défend un programme de réparations qui prend en compte la présentation d’excuses officielles, un engagement international coordonné contre le racisme systémique et l’afrophobie, ainsi que des investissements ciblés dans l’éducation, les sciences, la jeunesse, la résilience climatique et la santé.
La restitution du patrimoine culturel africain emporté durant la période coloniale figure également parmi les revendications. Le président ghanéen plaide en outre pour des partenariats de développement capables de s’attaquer à la pauvreté structurelle et aux déséquilibres de l’architecture économique et financière mondiale, notamment en matière d’endettement.
Pour encadrer ces discussions, il renvoie à plusieurs documents de référence, dont les engagements d’Accra Next Steps, le plan en dix points de la CARICOM et les déclarations de l’Union africaine sur les réparations. Il évoque également les initiatives Accra Reset et Bridgetown comme des cadres de réflexion sur les inégalités économiques internationales.







