Hantavirus comparé à Ebola, SRAS et Covid : réunion d’urgence à Matignon, l’Afrique prépare la riposte


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Hantavirus
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La découverte d’un cas positif au hantavirus parmi les passagers français rapatriés du navire MV Hondius a conduit les autorités françaises à renforcer la surveillance sanitaire. Alors qu’une réunion d’urgence est organisée, ce lundi 11 mai 2026, à Matignon, plusieurs pays africains activent également des dispositifs de prévention après l’apparition de cas liés à la souche Andes, capable de transmission interhumaine. Les agences sanitaires multiplient les opérations de traçage des contacts et les mesures de contrôle dans les ports et aéroports.

La France a confirmé la présence d’un cas positif au hantavirus parmi les cinq voyageurs français évacués du navire de croisière MV Hondius et rapatriés dimanche dans l’Hexagone. Cette annonce intervient alors que plusieurs cas liés à une épidémie survenue à bord du navire font l’objet d’une surveillance internationale. Une réunion d’urgence consacrée au hantavirus est prévue, ce lundi 11 mai 2026, à Matignon. Les autorités sanitaires françaises ont également identifié 22 cas contacts répartis sur l’ensemble du territoire.

Une souche rare sous surveillance

Le MV Hondius est actuellement immobilisé au large du Cap-Vert après l’apparition de plusieurs infections à bord. Invité sur LCI, l’épidémiologiste Antoine Flahault a rappelé les caractéristiques de la souche concernée. Selon le professeur de santé publique à l’université Paris-Cité, les données scientifiques disponibles indiquent un taux de létalité compris entre 30% et 40%. Le spécialiste a expliqué que cette dangerosité rapprochait le virus de pathologies comme Ebola ou le SRAS davantage que du Covid-19 ou de la grippe.

Il a aussi souligné que les équipements de protection hospitaliers limitaient les risques de contamination dans les établissements de santé. Antoine Flahault a toutefois évoqué les difficultés de protection dans le cadre de la vie quotidienne et communautaire. Selon lui, les domiciles ne disposent pas des mêmes niveaux de sécurité sanitaire que les structures médicales. Il a estimé que « la précaution maximale » devait s’appliquer à ce stade.

Trois morts recensés à bord du MV Hondius

L’épidémie détectée sur le MV Hondius a déjà provoqué la mort de trois personnes. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sept cas liés au virus ont été identifiés parmi les passagers du navire. Parmi ces cas figurent trois décès, une personne en état critique et trois autres présentant des symptômes légers. Le bateau transportait environ 150 touristes, principalement britanniques, américains et espagnols, lors d’un voyage entamé en Argentine, en mars dernier.

Le navire avait parcouru l’Antarctique et plusieurs régions isolées avant de remonter vers l’Afrique de l’Ouest. L’épidémie est liée à la souche Andes du hantavirus, une variante rare identifiée comme transmissible d’homme à homme. L’OMS a annoncé avoir lancé des opérations de traçage des contacts après le décès d’une passagère néerlandaise. Cette dernière avait débarqué à Sainte-Hélène le 24 avril avec des symptômes gastro-intestinaux avant de prendre un vol vers Johannesburg.

Le traçage des contacts engagé, le Maroc renforce ses contrôles

Selon l’organisation internationale, l’état de la passagère s’est dégradé pendant le trajet aérien. Elle est décédée le 26 avril en Afrique du Sud. Les autorités sanitaires recherchent désormais les personnes ayant voyagé à bord du même vol. L’Afrique du Sud a confirmé l’identification de deux cas liés à la souche Andes chez des passagers débarqués du navire. Le ministre sud-africain de la Santé a présenté ces informations devant le Parlement mercredi dernier.

Face à l’évolution de la situation en Espagne et dans l’Atlantique, les autorités marocaines ont renforcé les dispositifs de surveillance dans les infrastructures du nord du pays. Selon plusieurs médias marocains, des réunions de sensibilisation se tiennent depuis une semaine dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Les autorités sanitaires considèrent actuellement le risque d’introduction du virus comme « faible à très faible ». Malgré cette évaluation, des mesures préventives ont été activées dans les ports et aéroports de la région.

Des dispositifs sanitaires activés

Les opérations ciblent principalement les rongeurs, considérés comme les principaux vecteurs du hantavirus. Des campagnes de dératisation ont été ordonnées à Tanger Med, au port de Tanger ville, au passage de Sebta ainsi que dans plusieurs aéroports du nord du Royaume. Le ministère marocain de la Santé a également commencé à identifier les laboratoires d’analyse susceptibles de traiter d’éventuels prélèvements liés au hantavirus.

Des lieux destinés à accueillir des patients en isolement ont aussi été recensés. Le hantavirus n’est pas un virus nouveau. Sa vitesse de propagation reste différente de celle observée lors de la pandémie de Covid-19. L’évacuation de cent personnes à Tenerife, dans les îles Canaries, a néanmoins renforcé les inquiétudes autour de l’épidémie. Les services sanitaires de plusieurs pays surveillent désormais les passagers et les cas contacts potentiels en raison de la période d’incubation du virus, qui peut atteindre huit semaines.

Une maladie respiratoire potentiellement grave

Le hantavirus est une maladie généralement transmise à l’être humain par contact avec des rongeurs infectés ou avec leurs urines, leurs déjections ou leur salive. Les contaminations surviennent souvent lorsque des particules contaminées deviennent aéroportées. Les spécialistes rappellent que la transmission interhumaine reste rare mais demeure possible avec certaines souches, notamment la variante Andes. Les autorités sanitaires surveillent particulièrement cette caractéristique dans l’épisode actuel.

Les symptômes débutent le plus souvent par un état grippal avant de pouvoir évoluer rapidement vers des complications sévères. Les experts évoquent notamment des risques d’insuffisance cardiaque et respiratoire. Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), le taux de mortalité associé à certaines formes de hantavirus peut atteindre environ 40%. Les agences sanitaires françaises et africaines poursuivent actuellement les opérations de surveillance et de prévention autour des passagers du MV Hondius et de leurs contacts.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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