
Un foyer de hantavirus a été détecté à bord d’un navire de croisière bloqué au large de Praia. Trois passagers sont décédés. Quelle est la capacité du continent africain à faire face à une résurgence de ce virus méconnu.
Depuis ce week-end, le MV Hondius, navire de croisière géré par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, est bloqué au large du Cap-Vert dans des circonstances dramatiques. Parti d’Ushuaïa, dans le sud de l’Argentine, il y a trois semaines, le navire transportait environ 150 touristes quand une série de cas d’infections graves a plongé le bateau dans la crise. Un cas d’infection à hantavirus a été confirmé en laboratoire, cinq autres étant suspectés. Sur les six personnes affectées, trois sont décédées et une se trouve actuellement en soins intensifs en Afrique du Sud.
Le Cap-Vert ferme ses portes
Le premier passager à avoir présenté des symptômes était un croisiériste de 70 ans, décédé à bord. Son épouse, âgée de 69 ans, également tombée malade, a été évacuée vers l’Afrique du Sud. Elle est décédée dans un hôpital de Johannesburg. Un troisième personne est décédée sur le bateau.
Face à l’épidémie, les autorités sanitaires cap-verdiennes ont interdit au navire d’accoster au port de Praia, entendant ainsi protéger la population locale. Une décision souveraine saluée par les experts en santé publique, mais qui confirme la vulnérabilité des petits États insulaires africains face aux risques sanitaires venus de l’extérieur.
Un virus méconnu, mais présent sur le continent
Le hantavirus n’est pas un inconnu pour l’Afrique, même si sa surveillance y reste insuffisante. Les hantavirus sont présents sur tous les continents et doivent leur nom à la rivière Hantaan, à la frontière entre les deux Corées. Ils se transmettent principalement par contact avec des rongeurs sauvages infectés souris et rats notamment, via leur salive, urine ou excréments. En l’absence de vaccin et de médicaments spécifiques, les traitements consistent uniquement à soulager les symptômes. Malheureusement, le taux de létalité en cas de syndrome pulmonaire s’avère particulièrement élevé. Selon l’agence fédérale américaine de santé publique, 38 % des personnes développant des symptômes respiratoires peuvent en mourir.
Un risque à ne pas minimiser pour l’Afrique
L’OMS souligne que le risque pour l’ensemble du public demeure faible, mais cette communication de crise ne doit pas occulter une réalité africaine plus préoccupante. En effet, le continent abrite des densités importantes de rongeurs. Et si des foyers d’hantavirus sont documentés en Afrique centrale et australe, ils sont en général sous-diagnostiqués faute de capacités de séquençage génomique. Le fait que le virus ait pu muter pour se transmettre plus facilement à l’homme serait donc particulièrement inquiétant.
L’épisode du MV Hondius montre que l’Afrique l’importance de renforcer rapidement les systèmes de détection précoce sur le continent.



