Gbagbo, Chirac, Villepin, Rima Hassan, Mélenchon : les accusations calculées de Robert Bourgi


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Robert bourgi
Robert Bourgi

Les déclarations de Robert Bourgi secouent une nouvelle fois la scène politico-médiatique française. Habitué des révélations controversées, l’avocat évoque des pratiques financières occultes impliquant plusieurs grandes figures, dont les anciens Présidents ivoirien Laurent Gbagbo et français Jacques Chirac. Des propos qui dépoussièrent le débat sur les relations historiques entre la France et certaines élites africaines, souvent regroupées sous le terme de « Françafrique ».

Invité sur Europe 1, Robert Bourgi a levé un coin de voile sur des relations entre certains chefs d’État africains et leurs homologues français. L’avocat a affirmé avoir été témoin d’accords financiers entre dirigeants africains et responsables politiques français. Il évoque notamment un soutien financier présumé de Laurent Gbagbo en faveur de Jacques Chirac. « J’ai été présent lorsque ce pacte a été conclu entre De Villepin et Laurent Gbagbo, et ça s’est passé au restaurant Lapérouse… » Gbagbo est intervenu récemment pour dire : « Robert Bourgi dit la vérité. J’ai versé trois millions de dollars pour soutenir l’action politique de Jacques Chirac », a déclaré l’ancien Chef d’Etat ivoirien…

Françafrique, un système toujours au cœur des débats

Des propos qui ravivent des soupçons anciens sur le financement de la vie politique française. Au-delà des révélations financières, Robert Bourgi s’en prend frontalement à Dominique de Villepin, qu’il accuse d’avoir bénéficié de flux financiers importants en provenance d’Afrique. Selon lui, ces pratiques auraient été courantes à une époque où les réseaux d’influence entre Paris et certaines capitales africaines étaient particulièrement actifs. En l’absence de loi encadrant le financement de la vie politique, les partis se finançaient alors de manière plutôt opaque et les partis au pouvoir réclamaient souvent l’aide des chefs d’état africains pour leur fournir du cash. L’intermédiaire international qu’a été longtemps Robert Bourgi se limite à des faits passés et ces pratiques anciennes qui n’étaient alors pas condamnées et qui remontent à l’époque où il était le premier collaborateur de Jacques Chirac ne mettent nullement en cause la crédibilité politique actuelle de Dominique de Villepin en tant qu’homme d’Etat.

« J’ai dit dans mes mémoires que je l’admirais, que je l’affectionnais. Depuis 2 ans on assiste à une dérive totale de ce qu’il représentait pour moi et dans l’imaginaire collectif : le gaulliste, le gaullien. Je ne reconnais plus cet homme copier-coller avec Mélenchon, copier-coller avec Rima Hassan, copier-coller avec toutes sortes de dérives. Dominique de Villepin est un imposteur. Les gens disent un imposteur génial. C’est un imposteur fou », a dit la robe noire.

Une offensive contre une possible candidature à l’Élysée

Cette prise de position publique intervient dans un contexte où les ambitions politiques de l’ancien chef de la diplomatie française semblent susciter des oppositions au sein même de certains cercles influents. Les déclarations de Robert Bourgi remettent sur le devant de la scène la question de la « Françafrique ». Longtemps dénoncé par des observateurs et des chercheurs, ce système est accusé d’avoir favorisé des pratiques opaques. Notamment en matière de financement politique et d’influence stratégique.

Malgré les discours officiels prônant une rupture avec ces pratiques, les soupçons persistent dans l’opinion publique. Robert Bourgi a clairement affiché son intention de s’opposer à toute ambition présidentielle de Dominique de Villepin. « Je ferai tout pour l’empêcher d’aller à l’Élysée », a-t-il martelé. Une dent contre l’ancien chef de la diplomatie française que Bourgi ne cache point.

Mais Dominique de Villepin écarte d’un revers de main ces pseudo révélations, alors que Robert Bourgi a lui même expliqué vouloir se venger des humiliations subies de la part de Chirac à l’époque où Villepin était Secrétaire général de l’Élysée, et où il lui aurait demandé de se cacher « aux toilettes » pour ne pas croiser une personnalité inconnue dans l’antichambre du bureau du président… Ce que Robert Bourgi présente comme une insupportable humiliation…

Après Fillon, Villepin ? La main de Nicolas Sarkozy ?

Or les bons journalistes se souviennent que c’est aussi pour faire payer une humiliation qu’il lui aurait infligée que Robert Bourgi avait, soutenu par Nicolas Sarkozy, été offrir des costumes à François Fillon avant de s’en auto-accuser pour torpiller sa campagne présidentielle. Manœuvre réussie puisque François Fillon allait devoir quitter l’arène, couvert d’opprobre.

Facile d’imaginer à nouveau la main de l’ancien chef d’Etat Nicolas Sarkozy derrière ces révélations bien tardives, visant celui qui était alors le principal collaborateur de Jacques Chirac. Robert Bourgi retrouve opportunément la mémoire au moment où la silhouette de Dominique de Villepin commence à faire de l’ombre aux candidats de droite et d’extrême droite à l’élection présidentielle de 2027… Au point d’enrayer la machine à faire gagner Jordan Bardella, qu’a programmée le même Nicolas Sarkozy ?

Il n’y a pas de hasard en politique et Robert Bourgi ne prend jamais la parole sans une forte motivation… La vengeance contre une humiliation vécue à l’Elysee ? Peut-être… Ou l’invitation à s’épancher que lui susurre à l’oreille un Nicolas Sarkozy, englué dans son procès libyen, mais qui ne supporterait pas que le brillant Villepin marche sur l’Elysee ?

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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