Airtel Africa décale à fin 2026 l’introduction en Bourse d’Airtel Money


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Airtel Africa a annoncé le 8 mai le report au second semestre 2026 de l’introduction en Bourse d’Airtel Money. Initialement attendue au premier semestre, l’opération, susceptible de porter la valorisation de la filiale de paiement mobile jusqu’à 10 milliards de dollars, se heurte à des marchés rendus plus instables par la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.

Airtel Africa, un acteur télécoms solidement implanté sur le continent

Filiale du groupe indien Bharti Airtel, contrôlée par le milliardaire Sunil Mittal, Airtel Africa exploite des réseaux mobiles dans quatorze pays d’Afrique subsaharienne, du Nigeria à la Tanzanie en passant par la RDC, le Gabon ou le Tchad. La société, dont le siège est à Londres, est cotée depuis 2019 à la Bourse londonienne (FTSE 100) et à celle de Lagos.

Pour l’exercice clos le 31 mars, elle affiche 6,42 milliards de dollars de chiffre d’affaires (+30 % sur un an), un bénéfice avant impôts plus que doublé à 1,42 milliard et une marge d’EBITDA de 49,3 %.

Airtel Money vise une cotation majeure dans la fintech africaine

La branche paiement mobile pèse 21,1 % des revenus du groupe. Elle revendique 54,1 millions de clients fin mars 2026, en hausse de 21,3 % sur un an, et un volume annualisé de transactions supérieur à 215 milliards de dollars. L’introduction en Bourse, pilotée par Citigroup, viserait à lever entre 1,5 et 2 milliards de dollars sur la place de Londres, selon Bloomberg. Cette opération permettrait à Airtel Money de mieux se positionner face à M-Pesa, le service kényan de Vodacom et Safaricom (60 à 66 millions d’utilisateurs), et avec MoMo, du sud-africain MTN, déployé dans seize pays. Le tour de table compte déjà TPG, Mastercard et un véhicule du fonds souverain qatari.

Un calendrier sous contrainte

Dans son communiqué, Airtel Africa pointe les « conditions de marché qui ont suivi les récents développements géopolitiques ». La guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a désorganisé les chaînes pétrolières du Moyen-Orient et alourdi les coûts de l’énergie. Le directeur général Sunil Taldar prévient : la marge d’EBITDA sera comprimée à court terme. « Nous restons engagés en faveur de la cotation, dès que les conditions de marché le permettront », a-t-il indiqué.

La marge de manœuvre d’Airtel Africa n’est cependant pas illimitée. En août 2025, TPG et Mastercard avaient accepté de différer de douze mois l’exercice de leurs options de vente, laissant à Airtel jusqu’au milieu de l’année 2026 pour aboutir. Un nouveau glissement rouvrirait ces négociations.

Hélène Bailly
Spécialiste de l'actualité d'Afrique Centrale, mais pas uniquement ! Et ne dédaigne pas travailler sur la culture et l'histoire de temps en temps.
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