Hantavirus : un vol Johannesburg-Amsterdam relance la traque sanitaire


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Vol KLM
Vol KLM

Une hôtesse de KLM a été hospitalisée à Amsterdam après avoir été en contact avec une passagère néerlandaise ensuite décédée à Johannesburg d’une infection au virus Andes. Son test s’est révélé négatif, mais l’épisode montre la complexité du traçage sanitaire engagé autour du navire MV Hondius, où plusieurs cas d’hantavirus ont été recensés.

Le 25 avril, une passagère néerlandaise de 69 ans a brièvement embarqué à Johannesburg sur le vol KL592 de KLM à destination d’Amsterdam. Son état de santé a conduit l’équipage à refuser son départ. La passagère a été débarquée, puis prise en charge en Afrique du Sud, où elle est décédée le lendemain.

Les analyses ont ensuite confirmé une infection par hantavirus, plus précisément par le virus Andes, une souche rare mais particulièrement surveillée en raison de son potentiel de transmission d’humain à humain dans certaines circonstances.

KLM a indiqué avoir été informée par l’institut national de santé publique néerlandais (RIVM). Les passagers du vol concerné ont été contactés par mesure de précaution. Le 7 mai, une membre d’équipage ayant été en contact avec la passagère a été hospitalisée à Amsterdam après l’apparition de symptômes légers. Le test effectué s’est révélé négatif, ce qui a rapidement réduit l’inquiétude autour d’une éventuelle contamination à bord.

Un foyer lié au MV Hondius

Cette alerte aérienne s’inscrit dans un épisode sanitaire plus large, lié au navire de croisière MV Hondius, battant pavillon néerlandais. Selon l’OMS, huit cas ont été recensés au 8 mai : six confirmés et deux probables. Trois décès sont signalés. Quatre patients restaient hospitalisés à cette date, notamment en Afrique du Sud, aux Pays-Bas et en Suisse.

Le navire transportait 147 passagers et membres d’équipage au moment du signalement du foyer. Plusieurs personnes avaient déjà débarqué avant que l’alerte ne soit pleinement établie, notamment à Sainte-Hélène, ce qui a compliqué le travail de suivi. Des passagers ont ensuite poursuivi leur route vers différents pays, obligeant les autorités sanitaires à coordonner les recherches sur plusieurs continents.

L’OMS, l’ECDC et plusieurs États, dont l’Afrique du Sud, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suisse, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Argentine et le Cap-Vert, participent au suivi des contacts et à l’organisation des évacuations médicales.

Un virus rare, mais surveillé de près

Les hantavirus sont généralement transmis à l’être humain par contact avec des excréments, de l’urine ou de la salive de rongeurs infectés. Le virus Andes fait exception parmi les hantavirus connus en étant un des rares dont les transmissions interhumaines limitées ont déjà été documentées, surtout lors de contacts rapprochés et prolongés.

C’est cette particularité qui explique la vigilance actuelle. Les autorités sanitaires ne décrivent toutefois pas une situation comparable au Covid-19. L’OMS évalue le risque pour la population générale comme faible. Le danger est surtout concentré autour des personnes ayant partagé des espaces clos, des cabines, des soins ou des contacts étroits avec des cas confirmés ou probables.

L’épisode du MV Hondius rappelle surtout la difficulté du traçage sanitaire à l’ère des voyages internationaux. En quelques jours, des passagers passés par un même navire peuvent se retrouver à bord d’avions, dans des hôpitaux ou en isolement dans plusieurs pays. C’est moins la peur d’une propagation massive que cette dispersion rapide des contacts qui mobilise aujourd’hui les autorités.

Hélène Bailly
Spécialiste de l'actualité d'Afrique Centrale, mais pas uniquement ! Et ne dédaigne pas travailler sur la culture et l'histoire de temps en temps.
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