
La Organisation des Nations unies a exprimé sa vive inquiétude après la découverte du corps sans vie du militant bissau-guinéen Vigário Luis Balanta. Figure de la contestation civile, l’activiste a été retrouvé mort à une trentaine de kilomètres de Bissau dans des circonstances violentes.
Le climat politique en Guinée-Bissau vient de franchir un nouveau seuil d’alerte. Ce jeudi 2 avril 2026, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a fait part de sa profonde émotion suite à la découverte du corps sans vie de Vigário Luis Balanta. Figure de proue de la contestation civile, l’activiste a été retrouvé mort dans des circonstances particulièrement violentes. Cela a provoqué une onde de choc internationale et apporté une lumière crue sur les dérives sécuritaires depuis le changement de régime de l’année dernière.
Une figure de la résistance retrouvée à 30 kilomètres de la capitale
Vigário Luis Balanta n’était pas un citoyen ordinaire. En tant que coordinateur du mouvement révolutionnaire de jeunesse Po di Terra, il s’était imposé comme le fer de lance de la critique contre la junte militaire installée au pouvoir depuis novembre 2025. Son corps, portant les marques d’une agression d’une rare brutalité, a été localisé près de la localité de N’dam, à une trentaine de kilomètres de Bissau.
Cette disparition brutale intervient alors que l’activiste multipliait les appels à la transparence concernant les résultats des élections législatives et présidentielles de novembre dernier, dénonçant sans relâche une transition qu’il jugeait autoritaire.
L’inquiétude des Nations Unies face au recul démocratique
La réaction de Genève ne s’est pas fait attendre. Par la voix de son porte-parole Seif Magango, l’ONU s’est dite « choquée » par cet assassinat qui s’inscrit dans une dynamique de répression systématique. Pour l’organisation internationale, la mort de Balanta est le symptôme d’une réduction drastique de l’espace civique en Guinée-Bissau.
Depuis le coup d’État de novembre 2025, les voix dissidentes semblent de plus en plus menacées, et ce crime vient confirmer les craintes d’une accélération des violations des libertés fondamentales dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Une enquête sous haute surveillance diplomatique
Alors que la Ligue guinéenne des droits de l’homme qualifie cet acte d’exécution et de signal inquiétant pour tous les défenseurs des droits, les regards se tournent inévitablement vers les autorités de transition.
Si la junte militaire a officiellement promis de faire la lumière sur les circonstances du drame, les spéculations sur l’implication d’éléments proches du pouvoir alimentent les tensions à Bissau.




