
Dans le cadre de sa politique d’ouverture internationale, la première université publique du Maroc a reçu une importante délégation de l’Association Chinoise du Commerce International. L’objectif est clair : sceller des alliances pour explorer des opportunités dans les secteurs de pointe, de l’intelligence artificielle aux énergies renouvelables.
Le président de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah (USMBA) de Fès a accueilli, ce mercredi 21 janvier 2026, une délégation chinoise de haut niveau. Celle-ci était composée du président et du vice-président de l’Association Chinoise du Commerce International, accompagnés de onze chefs d’entreprise et de cinq consultants.
Cette visite s’inscrit dans la stratégie d’internationalisation de l’établissement fassi, classé première université marocaine par le Times Higher Education pour la cinquième année consécutive.
Des synergies technologiques ciblées
Les échanges ont permis d’identifier des axes prioritaires à fort potentiel d’innovation. L’intelligence artificielle appliquée à l’industrie, le photovoltaïque, l’agriculture intelligente, l’économie circulaire ou encore la logistique figurent au cœur des discussions. La rencontre a mis en lumière la complémentarité entre l’expertise scientifique de l’USMBA qui est forte de sa Cité d’Innovation et de son Fablab de pointe, et le savoir-faire industriel des partenaires chinois. À l’issue de la visite, les deux parties ont convenu d’élaborer une feuille de route commune, associant la Région Fès-Meknès et la CCIS pour garantir un impact économique local concret.
Un ancrage dans une dynamique sino-marocaine florissante
Cette initiative ne survient pas par hasard ; elle prolonge les liens académiques déjà tissés, notamment via l’accord signé en septembre 2024 avec l’Université d’études internationales de Pékin.
Plus largement, ce rapprochement s’insère dans un partenariat stratégique national en pleine expansion. Selon l’Agence Ecofin, le Maroc figure parmi les cinq pays ayant enregistré la plus forte croissance des engagements chinois en 2024 (+724 %). De même, une étude de l’Université Ibn Tofail souligne que les investissements chinois ont été multipliés par cinq entre 2016 et 2023.
Le volet académique, moteur des « Nouvelles Routes de la Soie »
Le Maroc, pays pivot de l’initiative « La Ceinture et la Route », accueille des projets majeurs qui nécessitent une main-d’œuvre qualifiée. On pense notamment à la gigafactory de batteries Gotion à Tanger (1,3 milliard de dollars) ou à la cité technologique Tanger Tech.
Pour soutenir ces investissements, la coopération académique devient un axe majeur. L’OFPPT a d’ailleurs renforcé ses liens avec la Chine en février 2025 pour la préparation aux WorldSkills, comme l’indique l’Office. Parallèlement, Le Matin rappelle que les étudiants marocains forment désormais la première communauté estudiantine africaine en Chine.
Forte de ses 160 accords internationaux et de ses 99 000 étudiants, l’USMBA entend jouer un rôle de premier plan pour fournir les compétences nécessaires à cette nouvelle ère de coopération économique.




