
Après la Zambie et la RDC, International Resources Holdings (IRH) pourrait ajouter le Mozambique à son portefeuille minier africain. Le groupe basé à Abou Dhabi a soumis une proposition non contraignante pour racheter l’intégralité de Kenmare Resources, opérateur de la mine de Moma, l’un des grands gisements mondiaux de sables minéralisés.
L’annonce a été faite ce mardi 6 octobre et marque une nouvelle étape dans l’expansion africaine d’IRH. Kenmare précise qu’il s’agit pour l’instant d’une approche en numéraire, sans montant ni conditions financières rendus publics. Les discussions se poursuivent et rien ne garantit encore qu’une offre ferme sera déposée. IRH devra toutefois préciser ses intentions d’ici au 17 novembre.
Un portefeuille qui s’élargit
IRH s’est véritablement installé dans le paysage minier africain en 2024 avec l’acquisition de 51 % de Mopani Copper Mines, en Zambie. Le groupe a ensuite renforcé sa présence dans la région des Grands Lacs en prenant une participation majoritaire dans Alphamin Resources, l’exploitant de Bisie, importante mine d’étain située dans l’est de la RDC.
Le projet mozambicain serait d’une autre nature. Moma ne produit pas du cuivre ou de l’étain, mais de l’ilménite, du zircon et du rutile, des minerais utilisés notamment dans les pigments, les céramiques et certaines applications industrielles. En 2025, la mine a produit 842 300 tonnes d’ilménite, 50 000 tonnes de zircon et 8 600 tonnes de rutile.
Lire aussi : Cuivre : le Top 5 des producteurs africains en 2025
Moma, un actif de longue durée
L’intérêt d’IRH tient aussi à la durée de vie exceptionnelle du gisement. Selon Kenmare, les ressources minérales de Moma permettraient de maintenir la production pendant plus d’un siècle au rythme actuel. Le site représente par ailleurs environ 7 % des exportations du Mozambique. Cette longévité correspond à la stratégie affichée par IRH : privilégier des actifs déjà opérationnels et des matières premières considérées comme stratégiques. Le titane figure notamment parmi les minerais jugés critiques par plusieurs grandes économies, tandis que le zircon possède des débouchés industriels importants.
Si le marché est conclu, Moma offrirait au groupe émirati un nouvel ancrage dans une ressource différente du cuivre et de l’étain, tout en renforçant sa présence sur la façade orientale de l’Afrique. Le Mozambique pourrait y trouver son compte puisqu’une éventuelle reprise par IRH pourrait ouvrir une nouvelle phase d’investissement autour d’un actif minier déjà solidement implanté.




