Cuivre : le Top 5 des producteurs africains en 2025


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Indispensable aux réseaux électriques, aux énergies renouvelables, aux véhicules électriques et à l’intelligence artificielle, le cuivre s’impose comme l’un des métaux les plus stratégiques de la décennie. L’Afrique en détient une part considérable, mais sa production reste concentrée entre quelques pays. Derrière la République démocratique du Congo et la Zambie, de nouveaux acteurs gagnent du terrain.

La RDC et la Zambie assurent l’essentiel des volumes extraits sur le continent.

Ce panorama s’inscrit dans un contexte de tensions durables sur le marché mondial du cuivre. Les stocks disponibles sur le London Metal Exchange se sont fortement réduits, tandis que la demande continue de progresser, portée par les réseaux électriques, les véhicules électriques et les infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Les cours évoluent ainsi près de leurs plus hauts historiques, un climat de prix élevés qui accélère plusieurs projets miniers, du Maroc au Botswana.

Établir un classement précis au-delà des deux premières places reste délicat car les statistiques nationales ne distinguent pas toujours le métal contenu, les concentrés et le cuivre raffiné. Les données industrielles disponibles pour 2025 permettent malgré tout de dégager cinq producteurs clés.

1. RDC : deuxième producteur mondial

Avec environ 3,4 millions de tonnes de cuivre produites en 2025, selon le bulletin de l’US Geological Survey (USGS) paru en février 2026, la RDC conserve sa place de deuxième producteur mondial, derrière le Chili et devant le Pérou. Le pays représente désormais près de 15 % de l’offre mondiale.

Cette production repose sur un nombre restreint de grands groupes miniers. Le chinois China Molybdenum, qui exploite notamment le site de Tenke Fungurume, et le suisse Glencore comptent parmi les principaux contributeurs. Le complexe Kamoa-Kakula, détenu par Ivanhoe Mines et Zijin Mining, a en revanche vu sa production reculer en 2025, à 388 841 tonnes contre 437 061 tonnes en 2024, un repli attribué à des ajustements opérationnels. La croissance nationale a donc surtout été portée par les autres grands opérateurs, à commencer par China Molybdenum.

Kinshasa cherche par ailleurs à retenir davantage de valeur ajoutée sur son territoire. Une ordonnance signée le 29 juin 2026 interdit désormais l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt, des dérogations ministérielles restant possibles pour une durée maximale d’un an.

2. Zambie : une relance encore fragile

Longtemps premier producteur africain avant d’être dépassée par la RDC, la Zambie reste solidement installée à la deuxième place du continent. Sa production a atteint 890 346 tonnes en 2025, en hausse de 8 % sur un an, mais en deçà de l’objectif d’un million de tonnes fixé par le gouvernement. L’effondrement d’un bassin de résidus survenu en février, qui a contraint Sino-Metals Leach à suspendre ses activités en raison d’impacts environnementaux importants, explique en partie cet écart.

Lusaka maintient néanmoins le cap sur 3 millions de tonnes annuelles d’ici 2031, en misant sur les investissements de Barrick Gold, First Quantum, Vedanta et de nouveaux entrants comme KoBold Metals. Les sites de Kansanshi, Sentinel, Lumwana, Mopani et Konkola forment le socle de cette stratégie.

3. Maroc : la montée en puissance de Tizert

En dehors du corridor RDC-Zambie, le Maroc développe sa propre filière cuprifèren avec l’entrée en production du gisement de Tizert (province de Taroudant), en 2025, par le groupe Managem. Encore en phase de montée en régime, le site y a produit 33 824 tonnes de concentré, portant la production totale de cuivre du groupe à 110 721 tonnes sur l’année, en hausse de 20 % sur un an. La capacité du gisement de Tizert,devrait atteindre  une production de 110 000 tonnes dès 2026.

Le Maroc mise également sur le renforcement de la transformation locale, via une future fonderie destinée à produire des cathodes pour les filières électrique et automobile.

4. Botswana : l’essor de la Kalahari Copper Belt

Historiquement tourné vers le diamant, le Botswana s’affirme progressivement comme un producteur de cuivre à part entière, grâce à la Kalahari Copper Belt.

La mine de Motheo, exploitée par Sandfire Resources, a poursuivi sa montée en puissance en 2025, tandis que Khoemacau, propriété du groupe chinois MMG, a produitprès de 50 000 tonnes de cuivre sur l’année.

Approuvée en décembre 2025, l’extension de Khoemacau, dotée d’un budget d’environ 900 millions de dollars, doit porter la capacité du site à 130 000 tonnes par an à partir de 2028, avec un premier concentré issu de l’extension attendu au premier semestre de cette même année.

5. Afrique du Sud : la stabilité de Palabora

L’Afrique du Sud conserve une production stable, portée avant tout par le complexe de Palabora, dans la province du Limpopo. Le site produit environ 60 000 tonnes de cuivre raffiné par an, principalement destinées au marché intérieur. Des travaux d’extension en profondeur y sont menés pour prolonger la durée de vie de la mine.

D’autres projets progressent en Angola, en Namibie et en Érythrée, mais la ceinture géologique partagée par la RDC et la Zambie reste, de loin, la principale source africaine de cuivre. Les évolutions réglementaires en cours à Kinshasa et à Lusaka pourraient redistribuer une partie de la valeur ajoutée du secteur dans les années à venir.

Kofi Ndale
Kofi Ndale, un nom qui évoque la richesse des traditions africaines. Spécialiste de l'histoire et l'économie de l'Afrique sub-saharienne
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