
Sur le tatami du judo, dimanche, deux médailles de bronze ont été accrochées à des cous africains. Celle de Matar Diop, en moins de 66 kg, a fait la une à Dakar. Celle d’Elisha Zimba, en moins de 55 kg, est passée presque inaperçue. Le Zambien l’a obtenue par ippon en 1 minute 14 secondes face au Saoudien Mutaz Hebah, après un passage par le repêchage. Sa délégation ne compte que six athlètes.
A Dakar,
Dès mars 2025, la commission exécutive du CIO a fixé les principes de participation de Dakar 2026 en donnant la priorité aux 54 comités nationaux olympiques africains. Chacun devait, autant que possible, aligner au moins deux garçons et deux filles. Pour des Jeux présentés comme le premier événement olympique sur le sol africain, la règle avait valeur de message : le continent ne devait pas assister en spectateur à son propre rendez-vous.
Des délégations de poche
Les listes d’engagés montrent pourtant de forts écarts entre nations du continent. Le Sénégal, pays hôte, aligne 136 athlètes dans 23 disciplines. Le Kenya en compte 52, l’Afrique du Sud 46, l’Égypte 44, l’Algérie 41. À l’autre bout du classement, la Zambie et la Tanzanie arrivent avec six jeunes chacune, le Mali avec cinq. Pour ces délégations de poche, chaque engagé pèse lourd, et une seule élimination précoce peut vider la tribune nationale pour plusieurs jours.
Le bilan des premières journées relativise ce déséquilibre. Après trois jours, l’Égypte comptait deux titres, dont celui de Zain Ali au 100 mètres papillon, et l’Afrique du Sud cinq médailles, d’après Pulse. Le Kenya et la Zambie figuraient aussi au tableau. Le Sénégal, de loin la plus grosse équipe africaine, n’avait encore que le bronze de Matar Diop. Les Lionceaux du futsal ont peiné, et les deux paires de beach-volley sont sorties en huitièmes de finale.
Le village comme salle de réunion
À Diamniadio, sur le campus de l’université Amadou-Mahtar-Mbow, le village olympique sert aussi de lieu de rencontre entre délégations africaines. Seydina Omar Diagne, secrétaire général du CNOSS, observe que les délégations ne se reconnaissent qu’à travers leurs tenues. Le programme « Sénégal au rythme des JOJ » y propose chaque jour une thématique culturelle sénégalaise, de la cuisine à la mode.
Le volet diplomatique se joue aussi hors des terrains. La Dakar 2026 Learning Academy a formé plus de 300 jeunes professionnels, dont des représentants de 21 comités olympiques africains. La Solidarité olympique affirme avoir financé 105 initiatives en Afrique depuis 2025, au profit de 14 958 athlètes et 719 entraîneurs dans 52 comités. Le continent capte 39% des fonds distribués par son programme jeunesse, selon le CIO. Ces montants couvrent tout le continent, pas seulement Dakar.








