
Né à Dakar de parents tchadiens, MC Solaar partira en tournée en janvier et février 2028 pour fêter quarante ans de carrière, avec une soirée finale à l’Accor Arena de Paris le 29 février. Le pionnier du rap français annonce aussi un nouvel album studio pour la fin de l’année 2027. La billetterie ouvre cette semaine.
MC Solaar remonte sur les grandes scènes. À 57 ans, le rappeur a dévoilé une tournée des Zénith et des arenas qui débutera le 13 janvier 2028 au Zénith de Caen et s’achèvera le 29 février à l’Accor Arena de Paris. Entre ces deux dates, il passera notamment par Nantes, Rennes, Orléans, Toulouse, Aix-en-Provence, Lyon, Dijon, Strasbourg, Bordeaux et Lille, avec une étape à Genève, en Suisse, le 28 janvier.
Les préventes ouvrent ce jeudi 5 novembre, avant la mise en vente générale le vendredi 6 novembre à 10 heures. Le même jour, l’artiste célébrera ses quarante ans de carrière à l’antenne de Radio Nova, la station où il avait fait entendre ses premiers textes à la fin des années 1980.
La tournée accompagnera un nouvel album, attendu fin 2027. Il succédera à Triptyque, projet publié en 2024 en trois volets : Lueurs célestes en mars, Éclats cosmiques en juillet et Balade astrale en décembre.
De Dakar à Villeneuve-Saint-Georges
Derrière MC Solaar se cache Claude M’Barali, né le 5 mars 1969 à Dakar, au Sénégal, de parents tchadiens. Il a six mois lorsque sa famille s’installe en région parisienne, d’abord à Saint-Denis, puis à Maisons-Alfort et à Villeneuve-Saint-Georges. En 1981, à douze ans, il rejoint un oncle au Caire et passe neuf mois au lycée français de la capitale égyptienne. Il reviendra sur ce parcours, du départ de ses parents jusqu’à sa découverte du rap, dans le morceau Lève-toi et rap.
Bachelier en 1988, il teste ses premiers textes dans l’émission de Dee Nasty et Lionel D sur Radio Nova. En 1990, le single Bouge de là le fait connaître du grand public. L’année suivante, son premier album, Qui sème le vent récolte le tempo, dépasse les 400 000 exemplaires vendus en France.
Suivront Caroline, Nouveau Western, construit sur un échantillon du Bonnie and Clyde de Serge Gainsbourg, La concubine de l’hémoglobine ou, en 2001, Solaar pleure. Le rappeur y installe une écriture faite de jeux de mots et de références littéraires, où l’humour côtoie le regard sur la société.
Une carrière tournée vers l’Afrique et le monde
Son succès dépasse rapidement l’Hexagone. En décembre 1992, il se produit dans une douzaine de pays d’Afrique de l’Ouest, où son rap en français trouve un large public. En 1993, il pose sa voix sur le projet Jazzmatazz du rappeur américain Guru ; Prose Combat sort l’année suivante dans une vingtaine de pays, et Missy Elliott l’invite en 1999 sur All n My Grill. Ses origines affleurent aussi dans son répertoire, jusqu’au titre Hijo de Africa.
Au début des années 1990, le rap français est surtout perçu à travers sa dimension contestataire. MC Solaar lui ouvre un autre registre, plus proche de la chanson à texte, et contribue à le faire entendre bien au-delà de son public d’origine. Il a reçu depuis cinq Victoires de la musique.
Une scène jamais vraiment quittée

Entre Chapitre 7 (2007) et Géopoétique (2017), dix ans se sont écoulés sans album studio. Le retour discographique est salué par une Victoire de la musique en 2018, et MC Solaar n’a plus quitté les salles depuis. Il a revisité ses premiers albums, réédités, avec le New Big Band Project, formation jazz de cuivres et de cordes, puis enchaîné les concerts autour de Triptyque : dix dates complètes à Paris en 2024, et une dernière date parisienne à La Seine musicale le 4 octobre 2025.
La tournée de 2028 prolonge ce parcours avec comme nouvel enjeu de défendre sur scène, devant le public des grandes salles, un album inédit, le premier depuis la trilogie de 2024.








