Dakar 2026 : au-delà de la fierté, le défi d’un héritage pour le Sénégal et l’Afrique


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anneaux Oympique au JO de Dakar 2026
anneaux Oympique au JO de Dakar 2026

Par Alassane Mbaye — CEO de Vigilus International

Il y a des événements qui dépassent le cadre de leur organisation. Des rendez-vous qui marquent une génération et inscrivent un pays dans une nouvelle séquence de son histoire.

Les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 entrent pleinement dans cette catégorie.

Dakar accueille le monde. Le Sénégal accueille l’histoire. Et l’Afrique prend toute sa place dans le mouvement olympique international.

La cérémonie d’ouverture du 31 octobre 2026, au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, a donné le ton. Une organisation minutieuse, une mise en scène remarquable et une mobilisation à la hauteur de l’événement.

Toutes mes félicitations à l’État du Sénégal, au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au Comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (COJOJ), ainsi qu’à toutes les équipes techniques, institutionnelles, artistiques et opérationnelles qui ont contribué à cette réalisation.

Mais par-delà la réussite de cette cérémonie, il convient de mesurer ce que représente réellement Dakar 2026.

Une cérémonie qui célèbre l’histoire et la dignité africaine

Le Sénégal n’a pas simplement organisé un spectacle pour le monde. Il a choisi de raconter son histoire avec ses propres références, ses symboles et sa mémoire.

À travers les tableaux artistiques, les traditions populaires, les références aux royaumes historiques et le récit de L’Envol de Sitoé, la cérémonie a proposé une lecture de l’Afrique qui relie son passé, son présent et son avenir.

Les évocations de l’Égypte ancienne résonnent avec l’œuvre du professeur Cheikh Anta Diop, dont les travaux ont contribué à restituer à l’Afrique sa place dans l’histoire des civilisations et dans la construction du savoir universel.

Cette dimension mérite une attention particulière. Elle rappelle qu’un peuple ne construit pas son avenir en tournant le dos à son histoire, mais en puisant dans sa mémoire les ressources de sa propre ambition.

La culture devient alors bien davantage qu’un élément de spectacle : elle est un instrument de transmission, de souveraineté et de rayonnement.

La cérémonie de Dakar 2026 a ainsi porté un message qui dépasse le sport : l’Afrique possède une histoire à raconter, une identité à affirmer et un avenir à construire.

Une réussite nationale, fruit d’une ambition portée au-delà des mandats

Organiser les premiers Jeux olympiques de la jeunesse sur le continent africain est une responsabilité historique.

Cette ambition a pris une dimension concrète le 8 octobre 2018, lorsque le Comité international olympique a choisi le Sénégal pour accueillir cet événement. Elle a traversé les années, les contraintes organisationnelles, le report des Jeux et les changements institutionnels.

Il convient, à ce titre, de saluer la continuité de l’engagement de l’État, depuis l’impulsion donnée sous la présidence de Macky Sall jusqu’à la conduite de l’événement sous celle du président Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le travail du COJOJ, du mouvement sportif et de l’ensemble des parties prenantes.

Cette première historique témoigne de notre capacité collective à concevoir, préparer et conduire un projet international de grande ampleur.

Elle constitue un legs de fierté pour les autorités sénégalaises, pour les organisateurs et pour tout un peuple.

Au-delà des mandats et des générations, cette page appartiendra à l’histoire du Sénégal.

Une fierté sportive, mais aussi politique et diplomatique

Dakar 2026 ne se résume pas à une succession de compétitions et de performances sportives. Ces Jeux représentent également un instrument de rayonnement international et de diplomatie sportive.

Le sport rassemble, rapproche les peuples et crée des espaces de coopération que les relations diplomatiques classiques ne suffisent pas toujours à construire.

En accueillant les délégations du monde entier, le Sénégal affirme sa capacité à être une terre de rencontres, de dialogue et de coopération. Il offre également à l’Afrique une tribune exceptionnelle pour faire valoir ses talents, ses cultures et ses ambitions.

Cette fierté est donc sportive, mais également institutionnelle, politique et continentale.

Elle traduit une évolution importante : celle d’une Afrique qui ne se contente plus de participer aux grands rendez-vous internationaux, mais qui démontre sa volonté et sa capacité à les accueillir et à les organiser.

La sécurité, condition essentielle du succès et de lhéritage des jeux

Aucun grand événement international ne peut être pleinement réussi sans un dispositif sécuritaire adapté.

La protection des athlètes, des délégations, des officiels, des journalistes et du public constitue une exigence fondamentale. Elle repose sur l’anticipation des risques, la coordination des acteurs, la maîtrise des dispositifs opérationnels et la capacité à répondre efficacement aux situations imprévues.

Mais la sécurité ne se limite pas à la prévention des risques et à la protection des personnes.

Elle constitue également un véritable vecteur de développement économique, social et humain.

Elle crée un environnement de confiance favorable aux investissements, au tourisme, aux échanges et à l’organisation de grands événements internationaux. Elle contribue à la mobilité des populations, à la cohésion sociale et à la continuité des activités économiques.

Dans le cadre des JOJ Dakar 2026, la coordination des forces de défense et de sécurité, des services publics, des organisateurs et des différents acteurs opérationnels représente donc un enjeu stratégique.

En ma qualité de professionnel de la sécurité, je considère que l’un des enseignements majeurs de ces Jeux réside précisément dans cette nécessité de penser la sécurité comme une composante essentielle de la performance collective.

Une fois l’événement passé, les compétences acquises, les mécanismes de coordination développés et les standards organisationnels consolidés peuvent constituer un héritage précieux pour le Sénégal.

La sécurité n’est donc pas une simple condition de réussite des Jeux. Elle est aussi l’une des conditions de leur héritage et de leur contribution au développement durable du pays.

Le véritable enjeu : transformer les JOJ en un héritage pour la jeunesse et pour l’Afrique

L’héritage de Dakar 2026 doit d’abord se traduire par une meilleure valorisation de nos infrastructures sportives. À Diamniadio, le stade Abdoulaye Wade, la Dakar Arena, le Centre des expositions de Diamniadio, le Centre équestre et les installations du Village olympique constituent un patrimoine important dont l’exploitation doit être pensée bien au-delà des Jeux.

À Dakar, la réhabilitation du stade Iba Mar Diop et de la Piscine olympique offre également une occasion de renforcer durablement les capacités d’accueil, de formation et de pratique sportive. Ces équipements ne doivent pas devenir des infrastructures de prestige, mobilisées uniquement à l’occasion des grandes manifestations internationales. Ils doivent vivre, accueillir les compétitions nationales, servir les clubs, les fédérations, les établissements scolaires et rester accessibles aux populations.

Mais l’enjeu ne s’arrête pas aux grandes infrastructures. Il est tout aussi important d’accélérer le développement d’équipements sportifs de proximité dans les quartiers populaires de Dakar et de sa banlieue : terrains de football et de basketball, plateaux multisports, espaces de jeux et installations adaptées à la pratique féminine. Car le véritable héritage olympique ne se mesure pas seulement à la grandeur des équipements construits, mais aussi à la possibilité offerte à chaque jeune, quel que soit son quartier ou son milieu social, d’accéder à une pratique sportive de qualité.

Cela exige une politique ambitieuse de maintenance, de gestion professionnelle et d’animation de ces espaces, mais également une collaboration durable entre l’État, les collectivités territoriales, les fédérations, les établissements scolaires et le secteur privé.

Une réussite qui doit nous rassembler

Cette séquence nous rappelle une vérité essentielle : les grandes ambitions ne se réalisent jamais dans la division.

Elles exigent de l’unité, de la solidarité, de la rigueur, du professionnalisme, de l’anticipation et du patriotisme.

Le patriotisme, dans ce contexte, consiste à reconnaître ce qui est accompli, à préserver l’intérêt collectif et à veiller à ce que les acquis profitent durablement à la nation.

La réussite d’un événement de cette dimension dépasse les appartenances politiques et les considérations partisanes.

Mes félicitations vont également au vaillant peuple sénégalais. À son hospitalité, à sa mobilisation, à son engagement et aux sacrifices consentis pour accueillir le monde dans les meilleures conditions.

Je tiens aussi à saluer les volontaires, les artistes, les techniciens, les professionnels de la sécurité, les agents des services publics et tous ces travailleurs dont l’engagement, souvent discret, rend possible la réussite des grandes manifestations internationales.

Car derrière les grandes organisations, il y a toujours des femmes et des hommes qui rendent leur réussite possible.

Dakar 2026 est une fierté nationale et une responsabilité continentale. Il nous appartient désormais de transformer cette première historique en un héritage durable.

La véritable grandeur de Dakar 2026 ne résidera pas uniquement dans ce que nous aurons montré au monde pendant ces Jeux, mais dans ce que nous aurons été capables de construire pour notre jeunesse après leur clôture.

Le Sénégal honore l’Afrique. Et l’Afrique écrit, à Dakar, une nouvelle page de son histoire.

Alassane Mbaye
CEO Vigilus International

Afrik
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