
Dans les douze États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), les femmes n’occupent en moyenne que 28 % des sièges parlementaires, alors qu’elles comptent parmi les premières victimes des conflits qui déchirent la région, à commencer par l’est de la RDC. C’est à ce déséquilibre que veut s’attaquer la première Conférence des femmes parlementaires du Forum des Parlements de la CIRGL (FP-CIRGL) qui s’ouvre ce 2 novembre à Dar es-Salaam, en Tanzanie.
Prévue jusqu’au 5 novembre au Centre international de conférences Julius Nyerere, la conférence rassemble des parlementaires des douze États membres, des responsables institutionnels, des organisations régionales et internationales ainsi que des représentants de la société civile. Placée sous le thème « Pour une région des Grands Lacs pacifique et développée », cette rencontre entend donner une nouvelle dimension à la contribution des femmes à la stabilité régionale.
Faire des femmes des actrices de la prévention des conflits
Les organisateurs veulent associer davantage les femmes parlementaires à la médiation et à la consolidation de la paix, et faire des parlements des leviers d’une gouvernance plus inclusive. Il s’agit notamment de faire des institutions parlementaires des leviers d’action pour promouvoir le dialogue, prévenir les tensions et favoriser une gouvernance plus inclusive.
Les discussions accorderont une attention particulière à la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à l’unanimité le 31 octobre 2000 et qui préconise une participation accrue des femmes aux processus de paix et leur protection dans les situations de conflit. Les participants examineront aussi comment adapter les lois aux enjeux sécuritaires et mieux prendre en compte les préoccupations des femmes dans les politiques publiques.
Paix et développement, un même combat
La question sécuritaire ne sera pas abordée indépendamment des difficultés économiques et sociales qui alimentent les fragilités régionales. La gestion durable des ressources naturelles, l’encadrement du secteur minier dans une perspective sensible au genre, l’autonomisation économique des femmes et la participation des jeunes au développement figurent également parmi les sujets inscrits à l’ordre du jour.
Une déclaration régionale et un plan d’action attendus
L’idée défendue est que la paix durable passe aussi par la réduction des inégalités, l’accès aux opportunités économiques et une meilleure représentation des différentes composantes de la société.
La présence de Judith Suminwa donne un relief particulier à ces assises. Arrivée ce lundi à Dar es-Salaam, la Première ministre congolaise intervient comme invitée spéciale à la cérémonie officielle d’ouverture. Le président de l’Assemblée nationale de la RDC, Aimé Boji, participe également aux travaux à la tête d’une délégation parlementaire congolaise.
Au terme des quatre jours de discussions, les organisateurs attendent notamment une Déclaration de Dar es-Salaam sur les femmes, la paix et la sécurité, ainsi qu’un plan d’action sur deux ans destiné à d’action régional.







