Corne de l’Afrique : l’UA tente de contenir la montée des tensions


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Corne de l’Afrique : l’UA tente de contenir la montée des tensions
Union Africaine

La Commission de l’Union africaine s’inquiète de l’escalade des tensions entre l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte. Face à la dégradation des relations entre les trois pays, l’organisation panafricaine appelle Addis-Abeba, Asmara et Le Caire à faire preuve de retenue et à privilégier le dialogue afin d’éviter une nouvelle détérioration de la situation dans la Corne de l’Afrique.

Dans une déclaration ce jeudi, la Commission de l’Union africaine exhorte l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte à s’abstenir de toute action ou déclaration susceptible d’aggraver les tensions et de compromettre la paix et la stabilité régionales. La Commission souligne en outre « l’importance de préserver les canaux de communication et exhorte les trois pays à régler leurs différends par les voies diplomatiques établies et par un dialogue pacifique, conformément aux principes de l’Acte constitutif de l’Union africaine ».

« La Commission de l’UA est prête, en consultation avec les pays concernés, à soutenir les efforts en faveur de la désescalade, du dialogue et du règlement pacifique des différends », indique le communiqué de l’UA.

Des tensions qui dépassent le seul dossier du Nil

Les relations entre les trois pays se sont tendues sur plusieurs fronts. Le différend autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) reste notamment un sujet de désaccord entre Addis-Abeba et Le Caire. L’Égypte considère la gestion du barrage comme une question liée à sa sécurité hydrique et réclame un accord juridiquement contraignant sur son fonctionnement. L’Éthiopie défend de son côté son droit à exploiter ses ressources hydrauliques pour son développement.

À cette rivalité autour du Nil s’ajoutent les tensions croissantes entre l’Éthiopie et l’Érythrée. Les deux pays avaient renoué leurs relations après l’accord de paix de 2018, avant de voir leurs rapports se dégrader à nouveau. En février 2026, Addis-Abeba avait accusé Asmara d’agression militaire et de soutenir des groupes armés sur son territoire, des accusations rejetées par l’Érythrée.

Au cœur de cette dégradation figure également la question de l’accès à la mer. L’Éthiopie, pays enclavé depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993, recherche un accès souverain à la mer Rouge, une ambition qu’Asmara perçoit comme une menace directe. L’Érythrée accuse Addis-Abeba de lorgner sur son port d’Assab. Le ministère érythréen des Affaires étrangères est allé jusqu’à dénoncer une « hostilité incessante » de l’Éthiopie sur ce dossier depuis trois ans.

La crise éthiopienne fait monter la tension régionale

La reprise des combats dans le nord de l’Éthiopie a encore aggravé la situation. Depuis septembre, les forces fédérales et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) sont de nouveau engagés dans des affrontements, après la remise en cause progressive de l’accord de Pretoria de novembre 2022 qui avait mis fin à la précédente guerre du Tigré. L’Union africaine avait déjà appelé, le 23 septembre, à la retenue et à une désescalade immédiate.

Les autorités éthiopiennes ont récemment accusé l’Érythrée, l’Égypte et le Soudan de soutenir une alliance de groupes armés opposés au gouvernement d’Abiy Ahmed. Le Caire, Asmara et Khartoum ont rejeté ces accusations.

Le 1er octobre l’Éthiopie a annoncé la fermeture de son ambassade en Érythrée et l’expulsion de dix diplomates érythréens, accusés d' »activités qui constituent une menace directe à la sécurité nationale » et de violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Dans la foulée, l’Érythrée a annoncé la rupture de l’ensemble de ses relations diplomatiques avec son voisin.

Casimir Vodjo Kpenou
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Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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