
La Cour constitutionnelle du Congo a validé les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 15 mars. Denis Sassou Nguesso est officiellement reconduit pour un nouveau mandat, avec un score très largement majoritaire. Cette décision met fin au contentieux électoral dans un climat politique marqué par des contestations et un boycott de l’opposition.
Une étape décisive vient d’être franchie dans le processus électoral en République du Congo. Dans la nuit de samedi à dimanche, la Cour constitutionnelle a rendu son verdict final concernant le scrutin présidentiel du 15 mars. Sans surprise, la haute juridiction a validé la réélection du président sortant, Denis Sassou Nguesso, pour un nouveau mandat. Cette décision intervient après l’examen du contentieux électoral, marquant la clôture officielle d’une séquence politique sous haute surveillance.
Un score fleuve validé par la haute juridiction
Les chiffres définitifs proclamés par Auguste Iloki, président de la Cour constitutionnelle, lors d’une audience publique, confirment une domination écrasante du chef de l’État. Denis Sassou Nguesso l’emporte avec 94,90 % des suffrages exprimés, un score légèrement revu à la hausse par rapport aux résultats provisoires qui le créditaient de 94,82 %. Selon les magistrats, le taux de participation s’établit à 65,90 %, bien que les observateurs aient noté une affluence disparate, notamment à Brazzaville. Ce nouveau plébiscite permet au dirigeant de 82 ans, qui cumule déjà plus de quarante ans à la tête du pays, de prolonger son bail au Palais du Peuple jusqu’en 2031.
Le rejet des recours pour irrégularités
La validation des résultats ne s’est pas faite sans contestation. Le candidat Dave Mafoula avait en effet introduit une requête en annulation du scrutin. Il a dénoncé des pratiques telles que le bourrage des urnes, des actes de corruption et des modifications de listes électorales à la dernière minute. Présent à l’audience sans avocat, l’opposant a regretté une décision qui, selon lui, occulte la vérité des urnes. De son côté, la défense du président réélu s’est félicitée d’un débat contradictoire mené de façon professionnelle et qualifié les recours de l’opposition de simple baroud d’honneur sans fondement objectif.
Un paysage politique entre boycott et détention
Ce scrutin s’est déroulé dans un contexte particulier, marqué par l’absence des principaux poids lourds de l’arène politique congolaise. Les grands partis d’opposition avaient choisi de boycotter l’élection, estimant que les conditions d’une transparence totale n’étaient pas réunies. Par ailleurs, le souvenir de la présidentielle de 2016 plane toujours, avec le maintien en détention de figures majeures comme le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa. Face à une opposition affaiblie et des candidats au rayonnement limité, la machine électorale du Parti congolais du travail (PCT) a fonctionné à plein régime pour assurer la continuité du pouvoir.
L’horizon 2031 et la question de la relève
Avec cette investiture prévue pour le 16 avril prochain dans un stade de la capitale, Denis Sassou Nguesso entame ce qui pourrait être, selon la Constitution actuelle, son dernier quinquennat. Bien que le chef de l’État ait assuré qu’il ne resterait pas une « éternité » au pouvoir et que le temps de la jeunesse viendrait, il s’est gardé de désigner un successeur potentiel. Cette victoire, bien que contestée par ses détracteurs, lui donne les mains libres pour diriger ce pays riche en hydrocarbures pendant les cinq prochaines années, tout en laissant en suspens l’inévitable question de la transition politique à l’horizon 2031.




