
Le Président sortant de la République du Congo, Denis Sassou N’Guesso, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 15 mars 2026 avec un score écrasant de 94,82 % des suffrages, selon les résultats provisoires annoncés, ce mardi 17 mars, par le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou. À 82 ans, le chef de l’État s’apprête ainsi à entamer un cinquième mandat consécutif, sous réserve de validation par la Cour constitutionnelle.
Sans surprise, Denis Sassou N’Guesso a gagné son nouveau mandat, le cinquième à la tête de son pays. Ce qui fait de lui non seulement l’un des plus vieux, mais également l’un des plus anciens dirigeants du continent.
Une victoire écrasante aux allures de formalité
D’après les chiffres officiels, le Président sortant a recueilli plus de 2,5 millions de voix, dans un scrutin marqué par un taux de participation annoncé à 84,65 %. Ces données contrastent toutefois avec les observations de journalistes et d’observateurs indépendants, qui ont relevé une affluence relativement faible dans plusieurs bureaux de vote, notamment à Brazzaville. Cette nouvelle victoire, sans véritable suspense, prolonge le long règne de Denis Sassou N’Guesso, figure centrale de la vie politique congolaise depuis plusieurs décennies. Arrivé au pouvoir une première fois en 1979, puis revenu à la tête de l’État en 1997 après une guerre civile ayant entraîné le départ du Président démocratiquement élu, Pascal Lissouba, il n’a depuis cessé de consolider son emprise sur les institutions.
Face au Président sortant, six candidats de l’opposition étaient en lice. Toutefois, leurs moyens limités, tant financiers qu’organisationnels, ont fortement réduit leurs chances de peser sur le scrutin. L’absence du principal leader de l’opposition, Pascal Tsaty Mabiala, a également contribué à affaiblir la compétition électorale. Chef de file de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), Pascal Tsaty Mabiala avait choisi de ne pas participer à cette élection, estimant que son issue était « très prévisible ». Il n’a cependant pas appelé au boycott, préférant concentrer son action politique sur les échéances futures, notamment la Présidentielle de 2031.
Une validation attendue, mais sans surprise
Comme le veut la procédure, les résultats provisoires doivent être confirmés par la Cour constitutionnelle. Cette institution avait déjà validé en amont les candidatures des différents prétendants, y compris celle du Président sortant, dans un contexte où l’indépendance des institutions est régulièrement questionnée par certains observateurs. Au regard des précédents scrutins, cette validation apparaît toutefois comme une formalité, ouvrant la voie à une prolongation du mandat de Denis Sassou Nguesso jusqu’en 2031.
Cette réélection relance les critiques sur la nature du système politique congolais, souvent qualifié de verrouillé. Les scores très élevés enregistrés par le Président sortant lors des élections successives, ainsi que la faiblesse structurelle de l’opposition, alimentent les interrogations sur la transparence et la compétitivité du processus électoral. Au-delà des chiffres, c’est la question de l’alternance politique qui reste posée dans ce pays d’Afrique centrale riche en ressources naturelles mais confronté à des défis économiques et sociaux persistants, notamment liés à la dépendance au pétrole et à une dette publique élevée.




