
Une semaine après le scrutin présidentiel du 28 décembre, la Centrafrique connaît déjà son vainqueur provisoire. Selon les résultats annoncés par l’Autorité nationale des élections, le président sortant Faustin-Archange Touadéra est crédité de plus de 76 % des suffrages dès le premier tour. Une victoire nette qui conforte le pouvoir en place, mais suscite de vives contestations au sein de l’opposition.
Le suspense n’aura duré qu’une semaine après le scrutin du 28 décembre dernier. Dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 janvier 2026, l’Autorité nationale des élections (ANE) a rendu son verdict provisoire : Faustin-Archange Touadéra est déclaré vainqueur de la présidentielle dès le premier tour. Avec un score massif qui rappelle la stratégie du « coup KO » chère à certains partis au pouvoir sur le continent, le président sortant semble avoir consolidé son assise, bien que les voix de la contestation s’élèvent déjà vigoureusement dans les rangs de l’opposition.
Une victoire écrasante confirmée par l’ANE
Selon les chiffres officiels proclamés par Mathias Morouba, président de l’ANE, Faustin-Archange Touadéra, candidat du Mouvement Cœurs Unis (MCU), a récolté 76,15 % des suffrages exprimés. Ce résultat repose sur la compilation des données de plus de 84 % des bureaux de vote. Le taux de participation s’établit à 52,42 %, un chiffre significatif dans un contexte sécuritaire et logistique toujours complexe. Pour les partisans du pouvoir, réunis en nombre lors de la proclamation, ce score valide la politique de stabilité et de souveraineté portée par le chef de l’État ces dernières années.
La réaction des adversaires ne s’est pas fait attendre. Anicet-Georges Dologuélé, arrivé deuxième avec 14,66 % des voix, avait déjà revendiqué la victoire quelques jours plus tôt, s’appuyant sur ses propres relevés de terrain. Avec Henri-Marie Dondra, ancien Premier ministre crédité de 3,19 %, ils rejettent en bloc ces résultats provisoires. Les deux hommes pointent du doigt de nombreuses irrégularités, des soupçons de fraudes massives et ce qu’ils qualifient d’inféodation de l’ANE au palais présidentiel. Henri-Marie Dondra a même appelé à l’annulation pure et simple du scrutin et à la dissolution de l’organe électoral.
Le Conseil constitutionnel, arbitre final de la crise
Malgré l’euphorie dans le camp présidentiel et la colère chez les opposants, le processus n’est pas encore arrivé à son terme légal. Les regards se tournent désormais vers la Cour constitutionnelle, qui est la seule institution habilitée à proclamer les résultats définitifs. Les candidats disposent de quelques jours pour déposer leurs recours et présenter les preuves des griefs évoqués. La haute juridiction a jusqu’au 20 janvier prochain pour valider ou non le vote des Centrafricains.
Au-delà des chiffres, cette élection est la première de la VIIe République, née de la nouvelle Constitution de 2023. Elle se déroule dans un climat politique extrêmement polarisé, où la question de la présence des forces partenaires et de la pacification du territoire reste centrale. Si la victoire de Touadéra est confirmée, le défi de son prochain mandat sera sans doute de renouer un dialogue inclusif avec une opposition qui se sent aujourd’hui exclue du jeu démocratique, afin d’éviter que la contestation électorale ne se transforme en une nouvelle crise d’instabilité.




