Présidentielle en Centrafrique : les dessous de l’accord entre Bozizé et Anicet-Georges Dologuélé

Le parti de l’ancien Président centrafricain François Bozizé et celui d’Anicet-Georges Dologuélé ont conclu un accord, ce mardi, en vue de l’élection présidentielle prévue le 27 décembre 2015.

Même s’il est exilé en Ouganda, l’ombre de François Bozizé plane toujours sur la Centrafrique. A quelques jours de la Présidentielle et des Législatives prévues le 27 décembre, les alliances politiques se dessinent. Contre toute attente, alors que sa candidature au scrutin à été rejetée, l’ancien Président François Bozizé a conclu un accord, ce mardi 22 décembre 2015, avec le candidat Anicet-Georges Dologuélé, de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), parti créé en octobre 2013.

Que dit cet accord ? En échange de son soutien à Anicet-Georges Dologuélé, le parti de François Bozizé bénéficiera d’un partage du pouvoir, à l’Assemblée nationale comme au gouvernement, si bien évidemment le candidat de l’URCA remporte le fauteuil présidentiel.

Pour cet observateur averti de la Centrafrique, qui s’est confié à Afrik.com, « l’accord politique entre Bozizé et Dologuélé est largement interprété à Bangui comme un calcul électoraliste ».

Selon lui, « du point de vue de Bozizé, cet accord est motivé par la volonté de conserver son influence sur la scène politique centrafricaine ainsi que par la volonté d’obtenir à terme la garantie d’une immunité judiciaire. L’épée de Damoclès de la CPI plane au-dessus de sa tête », soulignant que cet « accord qui est très mal vu dans la sous-région, du fait que Bozizé, malgré les mises en garde des chefs d’Etat de la sous-région, tente par tous les moyens de revenir dans le jeu politique quel qu’en soit le prix ».

Pour rappel, au total 29 candidats participeront à l’élection présidentielle centrafricaine, dont le premier tour est prévu le 27 décembre, selon la Cour constitutionnelle de transition, qui a rejeté 15 candidatures, parmi lesquelles figurent celle de François Bozizé, renversé en mars 2013 et sous le coup de sanctions internationales. De son côté, la présidente de Transition, Catherine Samba Panza, ne pouvait être juridiquement candidate.

Parmi les candidats, considérés comme les favoris du scrutin, figurent les poids lourds de la classe politique dont Martin Ziguelé, Anicet-Georges Dologuélé, ou encore Karim Meckassoua.