CAN 2025 au Maroc : Sénégal déchu, polémique explosive autour de l’arbitrage et de la CAF


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Supporters Maroc et Sénégal
Supporters Maroc et Sénégal

La décision de la Confédération africaine de football de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique continue de provoquer une onde de choc dans le monde du football. Près d’une semaine après l’annonce attribuant la victoire au Maroc sur tapis vert, le débat reste vif au sein de l’opinion publique sénégalaise. Au cœur de cette crise, une finale sous tension et une série d’événements controversés ayant conduit à une sanction jugée sévère par de nombreux observateurs.

La rencontre opposant le Sénégal au Maroc lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations joue les prolongations. Ce choc entre Lions du football a basculé après une grosse décision arbitrale : un penalty accordé en faveur des Marocains. La réaction de certains joueurs sénégalais, qui ont regagné les vestiaires dans la confusion, a été au centre de l’argumentaire disciplinaire. Pour la CAF, cet incident constitue une faute grave justifiant l’annulation du résultat initial et la réattribution du trophée.

Recours juridique et bataille devant le TAS

Face à cette décision, la Fédération sénégalaise de football a décidé de porter l’affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport. L’objectif est d’obtenir l’annulation de la sanction et faire reconnaître les droits du Sénégal. Contrairement à certaines rumeurs, aucune suspension provisoire de la décision n’a été actée, ce qui maintient la tension à son comble dans les milieux sportifs et institutionnels.

Cette démarche juridique vise à contester la légitimité du processus décisionnel de la CAF. Les autorités sportives sénégalaises estiment que la sanction sort du cadre réglementaire et soulèvent des interrogations sur l’interprétation des textes disciplinaires. Le recours au TAS apparaît ainsi comme l’ultime voie pour trancher un litige aux grandes implications pour le football africain.

Augustin Senghor dénonce une décision arbitraire

Figure influente du football africain, Augustin Senghor n’a pas tardé à réagir. L’ancien président de la Fédération sénégalaise de football a vivement critiqué la décision de la CAF, tout en reconnaissant que le comportement des joueurs sénégalais n’était pas irréprochable. Selon lui, sanctionner uniquement les conséquences sans analyser les causes profondes de l’incident revient à éluder le véritable problème. « Mais vouloir sanctionner les effets sans se pencher sur les causes, c’est comme le chien qui se mord la queue: ne règle pas les problèmes. On fait seulement du saupoudrage », a indiqué Me Senghor.

L’avocat de profession insiste notamment sur le respect des règles établies et met en garde contre toute dérive institutionnelle. Pour lui, les instances disciplinaires ne doivent pas outrepasser leurs prérogatives en créant de nouvelles règles en cours de route. Une telle approche, selon ses propos, ouvrirait la voie à des décisions arbitraires susceptibles de fragiliser la crédibilité des compétitions africaines sur la scène internationale. « Le rôle des juridictions, qu’elles soient disciplinaires ou d’appel, ce n’est pas de créer un nouveau droit. Elles n’en ont pas le pouvoir, elles n’en ont pas les prérogatives. Sinon, on tombe dans l’arbitraire », dit-il.

Le rôle controversé de l’arbitre au cœur du débat

L’arbitrage de la finale, assuré par Jean-Jacques Ngambo Ndala, est désormais au centre de toutes les critiques. Augustin Senghor estime que l’origine du problème réside dans la gestion du match par l’arbitre. Notamment dans sa décision de poursuivre ou non la rencontre après les incidents. Selon lui, cette responsabilité incombe exclusivement à l’homme en noir, conformément aux lois du jeu. Il rappelle également que les décisions arbitrales sur le terrain sont en principe définitives, conformément aux règles de l’International Football Association Board.

« En ce qui concerne la règle de l’IFAB qui veut que les décisions prises par l’arbitre sur le terrain sont définitives, donc inattaquables. Il faut convoquer une réunion de l’IFAB, suivie d’une assemblée générale qui va valider le changement des lois du jeu en limitant les prérogatives de l’arbitre », a-t-il poursuivi. Le fait que le match ait été validé initialement et que le trophée ait été remis au Sénégal renforce le caractère contestable de la décision prise plusieurs semaines plus tard.

«  Décision qui excède les compétences du jury disciplinaire »

« Le fait de poursuivre un match ou non, ça relève de l’arbitre. L’arbitre n’a jamais contesté le résultat du match. S’il avait contesté dans son rapport le résultat du match et fait le nécessaire, on n’aurait pas procédé à la remise du trophée. Et on ne serait pas resté 52 jours pour sortir cette décision qui ne sort de nulle part et excède les compétences du jury disciplinaire » de la CAF, a lancé la robe noire. Si l’on sait que la CAF n’a pas trouvé à redire à l’arbitrage du sifflet congolais. Au contraire, l’instance faitière du football africain a officiellement blanchi Jean-Jacques Ndala.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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