
Après près de deux mois d’absence de Paul Biya, le gouvernement camerounais est sorti de son silence. Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, affirme que le chef de l’État est vivant, qu’il n’a pas démissionné et qu’il regagnera prochainement le Cameroun. Cette déclaration intervient alors que les interrogations sur l’absence prolongée du Président se multiplient.
Le gouvernement camerounais a réagi publiquement à l’absence prolongée de Paul Biya. Pour la première fois depuis le départ du chef de l’État, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, s’est exprimé sur la situation du Président, absent du pays depuis le 7 juin 2026.
Le gouvernement répond aux appels de l’opposition
Dans une déclaration accordée à RFI, le ministre a assuré que le Président était toujours en vie, qu’il n’avait pas quitté ses fonctions et qu’aucune vacance du pouvoir n’avait été constatée. Il a également indiqué que le retour de Paul Biya au Cameroun était attendu prochainement, sans avancer de date précise. René Emmanuel Sadi a rejeté les demandes formulées par plusieurs responsables de l’opposition visant à faire constater une vacance de la Présidence.
Selon lui, seule une décision du Conseil constitutionnel pourrait établir une telle situation, ce qui n’est pas le cas à ce jour. Il a rappelé que Paul Biya « est en vie » et « n’a pas démissionné », tout en précisant qu’il ne lui appartenait pas d’annoncer la date exacte du retour du chef de l’État. Le Président camerounais, âgé de 93 ans, a quitté Yaoundé le 7 juin pour ce qui avait été présenté comme un « court séjour privé en Europe ». Depuis cette date, il n’est plus apparu publiquement.
Une absence qui alimente les interrogations
Cette absence est devenue la plus longue enregistrée depuis son arrivée au pouvoir en 1982. Au fil des semaines, l’absence d’image récente, de déclaration publique ou de bulletin de santé officiel a alimenté les interrogations au Cameroun. Plusieurs informations de presse ont évoqué un séjour du Président en Suisse, notamment à Genève, où il recevrait des soins. Ces informations n’ont cependant été confirmées par aucune autorité officielle camerounaise ou suisse.
Le gouvernement a d’ailleurs contesté l’hypothèse d’une hospitalisation dans une clinique genevoise. Malgré cette absence, la présidence de la République continue de publier des actes officiels signés au nom de Paul Biya. Le 22 juillet, plusieurs décrets ont notamment été rendus publics avec la mention « Yaoundé » comme lieu de signature. Cette situation a suscité des interrogations sur les réseaux sociaux, certains internautes mettant en doute l’authenticité des documents diffusés.
Le débat institutionnel reste ouvert
L’absence prolongée du Président intervient dans un contexte marqué par une récente révision constitutionnelle. En avril 2026, le Cameroun a rétabli la fonction de vice-président de la République. Plus de trois mois après cette réforme, aucun titulaire n’a toutefois été nommé à ce poste, dont la désignation relève exclusivement du chef de l’État.
Plusieurs responsables politiques et juristes ont appelé le Conseil constitutionnel à examiner la question d’une éventuelle vacance du pouvoir. À l’inverse, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, estime qu’aucune disposition de la Constitution ne fixe une durée maximale d’absence du président hors du territoire national et affirme que Paul Biya continue d’exercer ses fonctions.
Aucune vacance constatée à ce stade
Les débats rappellent une situation similaire survenue en 2024, lorsqu’une précédente absence prolongée de Paul Biya avait déjà alimenté de nombreuses spéculations avant son retour à Yaoundé. À l’époque, le gouvernement avait interdit tout débat public sur l’état de santé du chef de l’État, sans pour autant mettre un terme aux rumeurs.
À ce jour, aucune source officielle n’a annoncé le décès du Président camerounais. Le Conseil constitutionnel, seule institution compétente pour constater une éventuelle vacance de la Présidence, ne s’est pas prononcé. De son côté, la présidence de la République n’a communiqué ni bulletin médical ni calendrier précis concernant le retour annoncé de Paul Biya au Cameroun.



