Ceuta : quatre Marocains arrêtés après une nouvelle attaque contre des militaires espagnols


Lecture 5 min.
Des migrants tentent de franchir la frontière à Ceuta
Des migrants tentent de franchir la frontière à Ceuta

Des ressortissants marocains, dont un mineur, ont été arrêtés à Ceuta après une attaque à coups de pierres contre une patrouille militaire espagnole dans la nuit de vendredi à samedi. Un sergent a été légèrement blessé. L’incident intervient deux jours après l’attaque d’un véhicule militaire à Benzú, pour laquelle douze personnes avaient été interpellées. Ces faits surviennent alors que plusieurs milliers de migrants restent dans l’enclave espagnole après l’entrée massive de dizaines de milliers de personnes depuis le Maroc le 30 juillet.

Quatre personnes ont été arrêtées dans le secteur de la plage du Chorrillo, dans le centre de Ceuta, après des jets de pierres visant une patrouille de militaires. Selon des sources du ministère espagnol de l’Intérieur citées par l’agence EFE, les faits se sont produits à l’aube samedi. Des militaires intervenaient pour éloigner un groupe de migrants à l’origine de troubles. Une partie du groupe présentait des signes d’ivresse. La situation s’est transformée en affrontement lorsque des pierres ont été lancées contre les soldats.

Une deuxième attaque en quelques jours

Un sergent a été blessé après avoir été touché par un projectile et être tombé au sol. Les sources du ministère espagnol de la Défense citées par EFE font état d’une blessure légère, avec une plaie à la tête. La Police nationale et la Guardia Civil ont ensuite été mobilisées. Quatre Marocains, dont un mineur, ont été interpellés dans le cadre de l’enquête. Les autorités poursuivent les investigations afin de déterminer la participation éventuelle d’autres personnes.

Cette affaire intervient après une première attaque contre des militaires espagnols survenue jeudi matin dans le secteur de Benzú. Un groupe d’environ 30 à 40 personnes avait encerclé un véhicule transportant quatre militaires avant de lancer des pierres de grande taille contre celui-ci. Les soldats ont réussi à quitter la zone et ont appelé les services d’urgence. Quatre militaires avaient été blessés lors de cette attaque.

Des milliers de migrants toujours présents à Ceuta

La Police nationale et la Guardia Civil ont procédé à douze interpellations. L’Association de la troupe et de la marine espagnoles (ATME) a demandé une protection accrue pour les militaires déployés à Ceuta. L’organisation a également réclamé que les militaires puissent bénéficier du statut d’agents de l’autorité lorsqu’ils sont en service. Elle a demandé des moyens de protection supplémentaires ainsi qu’une prise en charge psychologique pour les personnels concernés. Ces incidents se produisent alors que Ceuta reste confrontée aux conséquences de l’arrivée massive de migrants enregistrée le 30 juillet.

Selon Reuters, plus de 72.000 personnes ont franchi la frontière depuis le Maroc lors de cette séquence, tandis que le bilan humain s’élève à 82 morts du côté espagnol et à 14 morts confirmés du côté marocain. Une grande partie des personnes entrées dans l’enclave sont ensuite retournées au Maroc. Dès la semaine suivant les arrivées, les autorités espagnoles estimaient que plusieurs milliers de personnes se trouvaient encore dans les rues de Ceuta. L’agence EFE rapportait début août qu’entre 3.000 et 5.000 migrants restaient dans la ville, dont plus d’un millier de mineurs selon les autorités locales.

Entre 5.000 et 8.000 personnes encore présentes à Ceuta

Le nombre de personnes présentes a ensuite évolué au fil des retours et des procédures engagées par les autorités. À la fin du mois d’août, Reuters estimait entre 5.000 et 8.000 le nombre de personnes encore présentes à Ceuta. Une partie d’entre elles vit dans des campements de fortune, notamment près de la plage du Trampolín. Le centre d’accueil destiné aux migrants est également soumis à une forte pression : Reuters rapportait mi-août qu’environ 700 personnes y étaient hébergées, soit environ 200 de plus que sa capacité.

Face à cette situation, le gouvernement espagnol a officiellement demandé une assistance à l’Union européenne. Madrid a sollicité l’intervention de Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, notamment pour contribuer au traitement et à l’identification des migrants présents dans l’enclave. L’Espagne a également demandé le déploiement de dix agents supplémentaires de Frontex. La demande espagnole intervient alors que le nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile constitue le cadre de référence de la politique migratoire de l’Union européenne.

Une présence militaire renforcée

Le dispositif prévoit notamment des mécanismes de solidarité entre États membres, un soutien opérationnel des agences européennes et une coopération renforcée avec les pays partenaires en matière de gestion des frontières. La Commission européenne avait déjà renforcé son suivi de la situation à Ceuta après les arrivées massives de juillet. Les autorités européennes ont notamment suivi les conditions d’accueil, les questions sanitaires et la situation des personnes présentes dans les campements de l’enclave.

Des organisations humanitaires continuent parallèlement de fournir une aide alimentaire et matérielle aux migrants qui n’ont pas quitté Ceuta. L’armée espagnole avait été déployée aux côtés des forces de sécurité lors de l’afflux massif du 30 juillet. Selon Reuters, Madrid avait alors envoyé 60 militaires ainsi que 200 policiers spécialisés afin de renforcer le dispositif local. Les forces espagnoles avaient notamment été mobilisées autour du périmètre frontalier et des secteurs côtiers utilisés pour les entrées par voie maritime.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
Newsletter Source préférée